Après une campagne sur les fruits et légumes déformés, le collectif des Gueules cassées propose désormais d'apposer son étiquette « bons à consommer, pas à jeter », sur les produits de boucherie, boulangerie, produits laitiers, etc. L'objectif est toujours le même : lutte contre le gaspillage alimentaire en vendant des produits non conformes.
Des pommes hors calibres, des fromages AOC aux bords affaissés, des carottes trop petites… En temps normal, ces produits n'ont pas leur place dans les rayons du supermarché mais le collectif des Gueules cassées à décider de les réhabiliter en créant une étiquette « qui dédramatise ». Grâce à un simple logo montrant une pomme rouge déformée, le consommateur peut savoir que les produits en rayon sont toujours bons à la consommation mais ne sont pas conformes aux cahiers des charges demandés par la grande distribution, les appellations d'origine contrôlée, etc.
Au départ, la fameuse étiquette était dédiée aux fruits et légumes moches mais suite à une forte demande des artisans commerçants, elle va s'étendre à la boucherie, la boulangerie, la charcuterie, les produits laitiers, l'épicerie, les produits transformés … Treize pays ont également contacté le collectif pour mettre en place la démarche. « Il n'existe pas encore de marque anti-gaspi au niveau mondial, ça sera peut-être nous », s'enthousiasme Nicolas Chabannes, le coordinateur des Gueules cassées. A l'origine du groupement, des producteurs provençaux et bretons réunis au sein de l'association sol et fruits. Ils ont fait un constat simple : 17 millions de tonnes de nourriture parfaitement comestibles sont perdues chaque année à cause de mauvais calibres, de défauts visuels, d'un stockage défectueux, etc. « Plus personne ne peut accepter de gaspiller autant », fait valoir Nicolas Chabannes.
De 15 € à 55 € les mille étiquettes
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« L'objectif est de permettre à tous les producteurs d'utiliser cette étiquette », explique Nicolas Chabannes. La démarche est simple : si, par exemple, un agriculteur a des tonnages de pommes qu'il ne peut pas vendre dans les circuits traditionnels, il contacte l'association par mail via le site lesgueulescassées.org, ensuite il paye directement à l'imprimeur les étiquettes (entre 15€ et 55€ les mille étiquettes) et peut revendre jusqu'à 30 % moins cher ses produits dans ses propres circuits de distribution. « Le principe est de permettre une valorisation des produits directement sur les réseaux de vente des producteurs », explique Nicolas Chabannes.
En juin dernier, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) avait fustigé l'action : « Les produits qui ne trouvent pas de débouchés aujourd'hui sont des produits non qualitatifs », avait lancé la FNPF par communiqué. « Nous sommes très vigilants sur les prix du marché et nous agissons que sur les segments bas de la production », se défend Nicolas Chabannes. « Jusqu'à présent tous les producteurs qui ont étiqueté leurs produits ne l'ont pas regretté car ils ont pu vendre plutôt que jeter », conclut-il.