Lors de son conseil de direction spécialisé « vin » le 26 mai, FranceAgriMer a fait un point de conjoncture concernant la consommation, les exportations, les ventes en vrac et les ventes en grande distribution. Si l’année 2008 a été globalement favorable au secteur, l’année 2009 a débuté dans des circonstances beaucoup plus difficiles.
La première surprise a été de constater non pas que la consommation de vin a baissé (la tendance n’est pas nouvelle) mais qu’elle est passée de 47 à 43 litres par an et par habitant en seulement un an (2007/2008). Toutes les tranches d’âge et toutes les catégories sociales ont réduit leurs achats de vins entre 2007 et 2008 selon les résultats d’un panel de consommateurs suivis par le service des études de FranceAgriMer. Les ventes seraient en baisse surtout au restaurant et à la propriété. Le panel permet de confirmer que la tranche d’âge la plus consommatrice est celle des 50/64 ans, juste avant celle des plus de 65 ans. En revanche, les moins de 35 ans sont faiblement consommateurs. Les régions qui achètent le plus de vin sont l’Ouest, le Nord et le Centre-Ouest. La région parisienne est celle qui en achète le moins par ménage, peut-être en raison d’une plus grande proportion de jeunes.
Fort recul des exportations en valeur et en volume
En dehors de l’Hexagone, la situation n’est guère meilleure. Après une bonne campagne 2007/2008 en valeur, le chiffre d’affaires des exportations françaises de vins s’effondre entre août 2008 et décembre 2009 et avec une chute plus forte encore sur le premier trimestre 2009, selon les données enregistrées par les douanes. Sur les huit premiers mois de campagne (de août 2008 à mars 2009), les exportations sont en baisse de 14,6% en valeur, à 4 milliards d’euros, et de 12,4% en volume, à 8,4 millions d’hectolitres, par rapport à la même période l’année précédente. Les ventes dans l’UE reculent de 15% en volume et de 29% en valeur, un résultat surtout lié au marché anglais qui a fortement réduit ses achats. Vers les pays tiers, les ventes s’effondrent également avec une baisse de 15% en volume et 28% en valeur sur le seul premier trimestre 2009. Toutes les catégories de vins sont touchées.
Transactions : recul en volume, maintien en valeur
Un autre indicateur de marché sont les transactions. Au cours du premier trimestre 2009, les ventes en volumes de vins ont fortement régressé, soit -40% pour les vins de table rouges et rosés par rapport aux cinq dernières campagnes et - 28% par rapport à la dernière campagne. Les ventes de vins de pays ont mieux résisté avec - 6% par rapport au cinq dernières années mais - 19% par rapport à la dernière campagne.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En revanche, les prix se maintiennent. Les vins de pays se vendent à 54,74 €/hl soit 1% de plus que sur la dernière campagne et les vins de table 41,65€/hl soit 3% de plus. Cependant, depuis le début 2009, la tendance des prix est baissière pour les vins de table et ils sont de plus en plus volatiles sur les dernières semaines pour les vins de pays. Les vins de table et de pays blancs s’en sortent bien, en termes de volume et de prix, en raison de la faiblesse de la récolte.
Il semblerait que sur les dernières semaines, les transactions s’accélèrent mais elles ne pourront rattraper le retard pris depuis le début de campagne, selon FranceAgriMer. L’office note encore que les prix des vins français, habituellement proches de ceux pratiqués par nos voisins et concurrents espagnols et italiens, sont en décrochement cette année. Les prix français sont nettement plus élevés.