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Production bovine Dès mai, les cours des bovins se sont effondrés du fait de la sécheresse

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Vaches, jeunes bovins ou broutard, tous se retrouvent sur le marché au même moment. En cause, la sécheresse qui favorise le départ des animaux des exploitations en manque de fourrage. Comme prévu, du fait de cette offre pléthorique de viande, les cours des bovins s'effondrent depuis la mi-mai. Ils perdent plus d'une dizaine de centimes en un mois. Les poids carcasses chutent également car l'engraissement coûte trop cher et les animaux ne sont plus finis avant de partir à l'abattoir. Mais ces prix bas favorisent un positionnement plus compétitif de la France à l'export, notamment vis-à-vis de l'Allemagne.

«Les prix moyens des gros bovins, élevés depuis le début de l'année décrochent à compter de la mi-mai », commence la note de conjoncture d'Agreste datée du 4 juillet. Avec la sécheresse, les éleveurs, aussi bien allaitants que laitiers, décapitalisent, et ce malgré un bon prix du lait. Ils n'ont effectivement pas les moyens de payer l'alimentation de leurs bêtes. « Entre le début et la fin du mois de mai 2011, le cours moyen de la vache de classe “R” a perdu 14 centimes (cts) par kg net pour atteindre 3,42 €. Sur la même période, le cours moyen de la vache “O” a perdu 13 cts par kg et se situe la dernière semaine de mai à 2,72 €/kg. Les cours des génisses ont baissé de 0,15€/kg entre le début et la fin du mois de mai. » Les cours des jeunes bovins (JB) comme des broutards suivent la même pente. Ainsi, « la cotation du JB O a perdu 13 centimes en un mois tombant à 2,81€/kg de carcasse début juin, encore 9% au-dessus de son niveau de 2010. Les cotations JB, R et U sont tombées respectivement à 3,19 et 3,42€/kg de carcasse, soit 7 et 5% de plus qu'un an auparavant », observe l'Institut de l'élevage dans sa lettre mensuelle de conjoncture (Tendances lait et viandes n°214).

Des abattoirs surbookés

D'après Agreste, « en mai 2011, avec plus de 161 000 têtes, les abattages de vaches sont supérieurs de plus de 24 000 têtes aux abattages de mai 2010. » En avril, selon l'Institut de l'élevage, le nombre de vaches et génisses en direction de l'abattoir avait déjà progressé de 9% par rapport à 2010. En cumul depuis le début de l'année, la hausse atteint 7% (50 000 femelles). En jeunes bovins, même schéma : « Le surplus d'abattages de taurillons constaté sur le premier trimestre s'est renforcé en avril, avec une hausse de 11% d'un an sur l'autre des effectifs abattus (83 800 têtes). Et cette accentuation s'est confirmée en mai » (+11%), avance l'Institut de l'élevage. « Début juin, l'encombrement du marché est tel que les centres d'alottement et aires d'attentes seraient arrivés à saturation et que les abattoirs inciteraient les éleveurs à conserver leurs animaux », remarque l'Institut. Par contre, si le nombre d'animaux à destination des abattoirs augmentent, leur poids diminue. Les engraisser coûte trop cher du fait du manque de fourrage et du prix élevé des céréales. « En moyenne sur le mois de mai, les vaches laitières ont été abattues avec 6 kg de moins qu'en 2010. Pour les vaches allaitantes, la baisse se limite pour l'heure à 2 kg de carcasse », note l'institut de l'élevage. Un phénomène qui se retrouve également en jeunes bovins et en broutards.

Des exportations qui se maintiennent

Avec un tel afflux de viande sur le marché français et cette chute des prix, les importations baissent avec des exportations qui se maintiennent dans certaines catégories. La France devient hyper compétitive à court terme. En jeunes bovins, « les disponibilités françaises importantes, à des prix plus compétitifs que l'Allemagne, ont permis de maintenir les exportations de viande à un niveau élevé en mars : près de 28 000 téc, soit 23% de plus qu'un an plus tôt ». Mais la Turquie n'est plus l'Eldorado qu'elle était. « Le prix moyen des viandes importées a de nouveau perdu 10 centimes en un mois pour chuter à 3,43€/kg de carcasse. Et le gouvernement a annoncé un nouveau rehaussement des droits de douanes qui sont passés de 45 à 60% à la mi-mai. » À l'inverse, en mars, le Liban restait toujours un bon débouché. Pour les broutards, la situation est moins positive. Les animaux étaient trop légers (300-350 kg) pour les Italiens. De plus, non vaccinés contre la FCO, ils n'ont pas trouvé preneurs même dans les pays tiers.

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