Peut-on obtenir à la fois une bonne performance économique et cultiver de façon propre ? L’Inra de Versailles a présenté le 24 avril lors d’une visite co-organisée avec l’Association française des journalistes agricoles (AFJA) les premiers résultats d’une étude comparative entre quatre systèmes de cultures : productif, intégré (c’est-à-dire avec moins d’intrants), sans labour et biologique. Les marges les plus élevées ont été obtenues avec les cultures biologiques pour le blé, et en système intégré pour le pois protéagineux.
Il n’est plus possible de produire comme on le fait jusque-là sans se soucier des conséquences néfastes pour l’environnement (pesticides, ruissellement des engrais nitratés dans les nappes). Les chercheurs de l’Inra de Versailles travaillent sur un programme « systèmes de culture durable », dans lequel ils expérimentent les quatre différents modes de culture et comparent les résultats. Leur objectif est de réduire les apports d’intrants (engrais, phytos, fuel).
Il en ressort que les plus fortes marges brutes par hectare ont été obtenues, pour le blé, en système biologique, grâce à l’absence d’achat de pesticides et d’engrais, et grâce au prix élevé du blé bio sur le marché. Mais l’inconvénient est l’épuisement progressif de la matière organique dans le sol, faute de fertilisation. Dans la suite du programme, il est prévu des apports de fertilisants organiques, a indiqué Patrick Saulas, chercheur à l’unité mixte d’agronomie Inra-AgroParis Tech.
Patrick Saulas a livré les résultats des marges brutes obtenues en blé en moyenne 1998-2005 pour chaque système : 1 094 euros par hectare en système productif classique, 1 069 € en système intégré, 818 € en système sans labour et 1 724 € en système bio !
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L’intégré bien placé
Comme on le voit aussi, le système intégré talonne de près le système intensif, en termes de marges brutes pour le blé. En pois protéagineux, le système intégré est premier, en termes de marges brutes : 838 euros par hectare en système productif classique, 884 en système intégré, 628 en système sans labour et 497 en système bio
Des notes d’environnement ont été données, de 0 à 10. Le système productif obtient 5,9, l’intégré 9,3, le sans-labour 8,8 et le bio 10, toujours sur la moyenne des années 1998 à 2005. On remarquera aussi l’excellente note du système intégré sur le plan environnemental. Ce système génère aussi des rendements assez élevés : 89 quintaux/hectare, contre 104 en intensif classique.
Cette visite Inra-AFJA s’est poursuivie par une présentation des recherches recourrant à la génomique comme moyen d’acquérir rapidement des connaissances utiles pour combattre les parasites. Marie-Hélène Balesdent, chercheuse à l’Inra de Versailles, a d’abord indiqué que pour repousser les assauts du phoma, champignon qui attaque la tige du colza et le fait verser avant la moisson, la lutte chimique n’est pas idéale. Mieux vaut bien connaître les gènes de résistance des colzas ainsi que les gènes du phoma, pour savoir à partir de quel seuil de virulence il faut traiter. L’Inra de Versailles suit donc de près les gènes de résistance du colza, surveille « l’érosion des résistances du colza », traque les souches de champignon les plus virulentes ou les plus prolifiques. « Nous essayons de voir également comment le champignon mute son gène de virulence », a ajouté Marie-Hélène Balesdent.