Des ONG et des organisations représentatives des peuples autochtones sud-américains veulent s’appuyer sur la loi française de 2017 sur le devoir de vigilance pour obliger Casino à ne plus commercialiser au Brésil et en Colombie du bœuf issu de fermes à l’origine de la déforestation.
Un groupe d’ONG (Canopée, CPT, Envol Vert, Mighty Earth, Notre Affaire à Tous et Sherpa) a mis en demeure le groupe Casino de cesser de commercialiser au Brésil et en Colombie du « bœuf issu de la déforestation et l’accaparement de territoires autochtones », selon un communiqué diffusé le 21 septembre.
Elles sont appuyées dans leur demande par des organisations représentatives des peuples autochtones de Colombie et du Brésil (OPIAC, COIAB, FEPIPA et FEPOIMT).
« En juin 2020, l’association Envol Vert publiait une enquête accablante, mettant en évidence des preuves de déforestation récente et de pratiques d’accaparement de terres, menée à partir d’échantillons de produits carnés vendus dans plusieurs supermarchés du groupe Casino au Brésil », expliquent les associations.
Pour sensibiliser Casino à sa cause, les associations veulent s’appuyer sur la loi de 2017 sur le devoir de vigilance. Cette loi oblige les sociétés de plus de 5 000 salariés en France, ou plus de 10 000 dans le monde à publier un plan de vigilance destiné à prévenir les risques en matière d’environnement, de droits humains et de corruption qui pourraient résulter de leurs activités et de celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Lorsque Casino dit qu’ils ont vérifié que leurs trois principaux fournisseurs s’approvisionnent directement auprès de fermes qui ne font pas de déforestation, c’est l’objet de ce dossier de leur dire que ce n’est pas suffisant », a fait valoir Me François de Cambiaire, du cabinet Seattle, conseil des associations.
Si l’entreprise « ne se met pas en conformité dans un délai de trois mois », les associations sont prêtes à porter l’affaire au tribunal et à « solliciter la réparation des préjudices qui en découlent », selon le communiqué commun.
Pour Me Sébastien Mabile et Me François de Cambiaire, « il s’agit d’une action historique contre le groupe Casino, fondée sur une loi pionnière qui permettra au juge français de prescrire les mesures qui s’imposent pour enrayer la destruction de l’Amazonie par des compagnies françaises et réparer les préjudices subis. »