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PERSPECTIVES/MARCHÉS AGRICOLES Des perspectives mi-figue mi-raisin à l'horizon 2025

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En dépit des difficultés rencontrées actuellement sur le marché du lait, le secteur laitier de l'UE pourrait saisir certaines opportunités pour poursuivre son expansion, tirée également par la croissance de la demande intérieure de l'UE. La consommation de viande par habitant devrait diminuer légèrement, sauf pour la viande de volaille tandis que la production de viande bovine aura tendance à décliner. C'est en tout cas ce qu'écrivent les auteurs d'un rapport de la Commission européenne qui présente les perspectives à moyen terme pour les principaux marchés des produits agricoles de l'UE à l'horizon 2025.

Les auteurs du rapport sur les perspectives à moyen terme pour les principaux marchés agricoles de l'UE 2015-2025 affirment que la croissance économique dans l'Union européenne devrait se redresser, mais rester inférieure à 2 % par an durant cette période. Ils estiment que dans un contexte général de baisse des prix de l'énergie et des matières premières, les prix des céréales de l'UE devraient se situer en moyenne entre 150 EUR / t et 190 EUR / t. La demande mondiale croissante dans un contexte de prix des aliments abordables devrait, selon eux, favoriser le secteur de l'élevage. Par conséquent, soulignent-ils, en dépit des difficultés rencontrées actuellement sur le marché du lait, le secteur laitier de l'UE pourrait saisir ces opportunités pour poursuivre son expansion, opportunités tirée également par la croissance de la demande intérieure de l'UE. Après une forte reprise qui a eu lieu en 2014 et 2015, la consommation de l'UE de viande par habitant devrait diminuer légèrement, sauf pour la viande de volaille qui devrait grignoter quelques parts mineures du marché par rapport aux autres viandes. La viande de porc devrait bénéficier d'une petite augmentation de la production, laquelle sera essentiellement tirée par la demande d'exportation, tandis que la production de viande bovine aura tendance à décliner.

DEMANDE D'IMPORTATION ACCRUE POUR LES PRODUITS LAITIERS

Les bas prix actuels des matières premières laitières et du lait sont principalement le résultat d'une forte augmentation de la production dans le monde et à un moment où la Chine a commencé à réduire ses achats et où la Russie a introduit son embargo sur les importations, précisent les auteurs du rapport. Toutefois, disent-ils, la demande d'importation à partir d'autres régions du monde a augmenté de manière significative et il est prévu qu'elle s'accroisse régulièrement au cours de la période 2015-205. Une croissance qui serait tirée par l'augmentation de la population mondiale et par un changement dans le régime alimentaire en faveur des produits laitiers. En outre, assurent les experts, les importations chinoises devraient renouer avec la croissance. Bien que plus faible que dans la dernière décennie, on s'attend à une augmentation de 2% par an des importations mondiales et à une hausse de la demande intérieure de l'UE pour les produits laitiers pour soutenir une augmentation des livraisons de près de 1% par an à 164 millions de tonnes en 2025. La part de l'UE dans les exportations mondiales devrait augmenter légèrement, grâce à son potentiel considérable pour accroître la production (contrairement à son principal concurrent, la Nouvelle-Zélande, qui est plus limitée par la disponibilité des ressources naturelles). Les prix du lait devraient se rétablir à des niveaux modérés à court terme, avant d'augmenter encore à une moyenne de 360 euros/t au cours des cinq dernières années de la période de projection. Dans les dix prochaines années, environ 50 % du lait supplémentaire produit dans l'UE pourraient être utilisés pour la fabrication de poudre de lait (principalement du lait écrémé en poudre) et plus de 30% pour le fromage. Alors que la plupart de la poudre de lait supplémentaire devrait prendre le chemin de l'exportation, le principal moteur pour le fromage resterait la consommation intérieure.

PLUS D'EXPORTATIONS DE VIANDES UE VERS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

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Selon le rapport de la Commission européenne, en ce qui concerne le secteur de la viande, l'augmentation de la population et la croissance économique dans les pays en développement devraient soutenir une demande de viande plus élevée et contribuer à l'augmentation des exportations de viande de l'UE. La consommation mondiale de viande devrait augmenter de 15% entre 2015 et 2025, moins que dans la décennie précédente, mais toujours équivalente à la production totale de viande par an dans l'UE. À la fin de la période de prévision (2025), la consommation par habitant de viande devrait retomber à 66,7 kg, à peu près le niveau de 2008, avec la viande de volaille qui pourra gagner de petites parts de marché sur les autres catégories de viande. La production de viande bovine continuera d'être alimentée principalement par l'évolution des troupeaux laitiers. Après l'augmentation en 2014 et 2015, il est prévu qu'elle accuse un certain déclin mais à un rythme plus lent, à 7,6 millions de t en 2025. Après avoir diminué pendant plusieurs années, la consommation de viande ovine et caprine devrait se stabiliser au niveau actuel grâce à l'amélioration de la rentabilité et à une demande qui restera soutenue malgré des prix plus élevés. Pour ce qui est de la viande de porc, suite à une forte reprise en 2014 et 2015, la production devrait augmenter de moins de 2% d'ici 2025 par rapport à 2015. Dans un contexte de baisse progressive de la consommation intérieure, les exportations de viande de porc devraient croître de façon constante, soutenues par la demande mondiale et une légère amélioration des prix. La production de viande de volaille de l'UE devrait quant à elle augmenter au cours de la période prévisionnelle de près de 4%, tandis que la consommation ne pourrait augmenter que de façon marginale. Poussées par une croissance prometteuse de la demande mondiale d'importations, les exportations de l'UE devraient atteindre 1,6 millions de tonnes en 2025 (+15%) mais les prix seront sous pression en raison d'une concurrence accrue de la part du Brésil et des Etats-Unis.

L'UE EXPORTATRICE NETTE DE SUCRE BLANC EN 2025 ?

L'expiration des quotas de sucre et d'isoglucose en 2017 aura un impact profond sur le marché des édulcorants de UE, affirment les auteurs du rapport de la Commission européenne. Le prix du sucre de l'UE devrait approcher le prix du marché mondial, ce qui obligera le secteur à devenir plus compétitif et à réduire l'incitation pour les partenaires commerciaux pour exporter vers l'UE. Malgré la baisse des prix, la production de sucre blanc devrait augmenter à près de 18 millions de t en 2025, soit environ 5% de plus que les années précédant l' expiration des quotas. Sur le marché intérieur, le sucre de l'UE aura à rivaliser avec l'isoglucose, qui est appelé à devenir un édulcorant important dans les régions connaissant un déficit de production de sucre. À la fin de la période de prévision, l'UE devrait devenir un exportateur net de sucre blanc, principalement vers les marchés à forte valeur ajoutée.