Carcans administratifs, lourdeur des réglementations, lobbying en tout genre, sans oublier la morosité économique… sont autant de freins qui témoignent de la difficulté d'entreprendre en France. L'exemple de Tilly-Sabco Bretagne en est une bonne illustration. Olmix, via son fonds Breizh Algae Invest, est l'un des trois repreneurs de l'abattoir de volaille breton, aux côtés du distributeur britannique de poulet halal MS Food et de la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix. Leur projet de reprise repose sur la production de poulet nourri aux algues en remplacement des antibiotiques. Un projet « en rupture avec le modèle avicole traditionnel, un projet à forte valeur ajoutée, un projet au long cours », avait énuméré le président de la CCI Jean-Paul Chapalain, début décembre dernier, lors de la décision du tribunal de commerce de Brest.
Difficile d'imaginer aujourd'hui que le redémarrage de l'abattoir puisse être mis en péril pour défaut des autorisations nécessaires à la récolte de ces fameuses algues. Et pourtant.
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Des algues, soit dit en passant, dont tout le monde veut se débarrasser et dont le ramassage est actuellement, pour partie au moins, supporté par les contribuables.
Or, la société Olmix, engagée dans un vaste programme de valorisation des algues et ses applications dans la nutrition animale depuis plusieurs années, elle, les ramasse gratuitement. Premier problème aux yeux des opposants. « Crime » supplémentaire, comme on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, quelques poissons ont péri lors des opérations de ramassage des algues par des machines … Des dommages collatéraux qui ne devraient cependant pas peser autant dans un projet qui s'accompagne du maintien de 200 emplois, et offre la perspective d'en créer d'autres à moyen terme. Une situation pour le moins ubuesque.