La gestion des risques et le soutien aux jeunes agriculteurs devraient être mieux pris en compte dans les programmes de développement rural, deuxième pilier de la Pac, selon une étude publiée par la Commission européenne qui fait le point sur les mesures mises en œuvre dans ce cadre par les États membres pour la période 2014-2020, et suggère globalement d’améliorer la cohérence entre ce deuxième pilier de la Pac et les aides directes.
La protection et le renforcement de l’écosystème occupent « une place de premier plan » dans les programmes nationaux de développement rural 2014-2020, confirme une évaluation réalisée par Kantor Management Consultants pour le compte de la Commission de Bruxelles. Selon les services européens, les mesures mises en œuvre dans ce domaine absorbent 44 % des fonds prévus pour la période 2014-2020, soit 161 milliards €, dont 99,6 Mrd € du budget de l’UE (le Feader) et 50,9 Mrd € plus un supplément de 10,7 Mrd € financés au niveau national (1). Intitulée Synthèse des évaluations ex ante des programmes de développement rural 2014-2020, l’étude énonce une série recommandations.
Gestion des risque, jeunes agriculteurs, recherche
Les auteurs estiment notamment que les politiques liées à la gestion des risques qui sont menées dans le cadre du développement rural « devraient adopter une approche holistique, compte tenu des incertitudes liées à la volatilité des prix des marchés agricoles mondiaux et au changement climatique, plutôt que de traiter séparément les risques individuels ». La Commission européenne devrait, selon eux, développer de « nouvelles orientations » en la matière.
Ils suggèrent aussi de renforcer « la contribution au changement générationnel et l’encouragement à entrer dans le secteur agricole dans une perspective à long terme en offrant un soutien aux jeunes agriculteurs au titre du deuxième pilier ».
Selon eux, « les raisons pour lesquelles le soutien aux zones présentant des contraintes naturelles au titre du premier pilier (aides directes) n’a pas attiré l’attention des États membres » devraient également être examinées.
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L’étude recommande aussi de « suivre de près » au niveau national la mise en œuvre des mesures « agri-environnement et climat » du deuxième pilier et celles liées au verdissement du premier pilier pour assurer des synergies entre les deux dispositifs et réduire les coûts administratifs.
Elle préconise de même un renforcement des liens entre la pratique agricole et la recherche, en assurant la participation des conseillers et des praticiens dans les groupes opérationnels du Partenariat européen pour l’innovation (PEI).
Les auteurs jugent par ailleurs qu’ « une étroite surveillance de la mise en œuvre de la mesure "investissements dans des actifs physiques" est déterminante, dès lors que celle-ci se révèle être le type d’intervention la plus populaire » dans le cadre des programmes de développement rural.
(1) Voir n° 3525-3526 du 21/12/15