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Des régions investissent dans les terres agricoles pour les néoruraux

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Avec plus de 200 personnes installées, l'association Terre de liens a présenté, au Salon de l’agriculture, un bilan positif de son action depuis sa création en 2003. En 2015, la fondation du même nom est propriétaire de 3 000 hectares correspondant à l’installation de 202 agriculteurs. Depuis deux ans, elle est aidée des régions pour l’achat de foncier agricole.

« On ne naît plus paysan. On le devient », a introduit Gaspard d’Allens, coauteur de l’ouvrage Les néo-paysans, lors d’une conférence sur l’installation en agriculture organisée par l’association Terre de liens au Salon de l’agriculture, le 1er mars. De fait, un tiers des installations sont désormais hors cadre familial, selon lui. Le renouvellement des générations pose problème. Gaspard d’Allens commente : « Aujourd’hui, les enfants d’agriculteurs ne sont plus assez nombreux pour pérenniser les pratiques agricoles ». D’où la nécessité, selon lui, d’installer des agriculteurs non issus du milieu agricole. Marie-Laëticia Melliand, coordinatrice de la Fondation Terres de lien, faisait état de 3 000 hectares de terres agricoles acquises par l’association qui installe principalement des « hors-cadre familial » en leur louant des terres. Cela correspond à l’installation de 202 agriculteurs. Pour rappel, la surface agricole française, outil de production des 500 000 fermes françaises, est de 29 millions d’hectares. Les candidats à l’installation ne se bousculent pas, et l'un des freins principaux est l’accès à la terre, selon l'association. Gaspard d’Allens témoigne d’un « certain corporatisme » s’agissant de l’accès à la terre qui agit « comme un numerus clausus » pour l’installation de nouveaux agriculteurs. Le rôle des Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) est justement de « réguler » le marché du foncier. Marie-Laëticia Melliand précise : « Nous ne sommes pas en concurrence. Lorsqu’une terre nous intéresse, la Safer peut la mettre de côté en attendant que nous trouvions les financements. […] À la fin, les terres sont vendues au projet qui se tient le mieux. »

Investissements innovants

Le prix de la terre agricole est très variable selon les régions. « Bien sûr, un hectare en Champagne n’a pas la même valeur qu’un hectare en Bretagne », prend pour exemple Marie-Laëticia Melliand. En France, les terres les plus chères se situent souvent au nord et sur la côte méditerranéenne, constate l'association. Les fermiers installés par Terre de liens le sont généralement sur des petites surfaces. « La plus grande ferme que nous ayons soutenue fait 150 hectares. Mais, c’est très variable, cela commence plutôt à 3-4 hectares », explique la coordinatrice. Malgré cette aide, l’investissement reste souvent insurmontable pour les candidats à l’installation. Quatre régions ont passé le cap, et investissent aux côtés de Terres de liens pour acquérir des terres agricoles. Provence Alpes Côte d’Azur doit y consacrer 300 000 euros, l’Île-de-France 400 000 euros, le Nord-Pas-de-Calais 100 000 euros. Quant à la région Rhône-Alpes, elle n’a pas défini de limites budgétaires, mais finance déjà des projets soutenus par Terre de liens. Le financement par les régions est innovant. Il est aussi bienvenu pour Terre de liens qui rappellent que les projets d’installations (surface et corps de ferme) peuvent aller parfois jusqu’à 300 000 euros. « On veut étendre ces partenariats à d’autres régions et que ça se pérennise dans le temps », explique-t-elle. Pour l’heure, la Fondation Terre de liens reçoit ces subventions d’investissements de la part des collectivités depuis 2013.

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(1) Terres de liens est une association qui agit pour préserver les terres agricoles, permettre l’installation de paysans et développer une agriculture biologique et paysanne en France.

G. d’Allens : « On ne naît plus paysan. On le devient. »