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Santé animale Des résistances aux antibiotiques fréquentes mais encore maîtrisables

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Des résistance aux antibiotiques sont fréquentes chez les principales bactéries responsables d’intoxications alimentaires au sein de l’UE. Mais, pour le moment, les résistances multiples à des antibiotiques critiques en médecine humaine restent rares ce qui laisse des possibilités de traitement. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), qui viennent de publier un rapport sur cette question, les États membres doivent se montrer vigilants pour éviter que la résistance aux antimicrobiens ne se propage davantage chez l’homme.

Les deux principales bactéries responsables d’intoxications alimentaires en Europe (1), Campylobacter et Salmonelle, présentent souvent des résistances aux antibiotiques les plus couramment utilisés, constatent l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC). De plus, selon un rapport publié le 16 mai portant sur l’année 2011, ces pathogènes se révèlent fréquemment résistants à un antimicrobien d’importance critique en médecine humaine. Mais, pour l’instant, les co-résistances à plusieurs antimicrobiens critiques restent rares « ce qui indique que des options de traitement restent disponibles à ce jour pour des infections graves par ces bactéries », se félicitent les deux organismes européens. « Si nous ne voulons pas perdre une série d’antimicrobiens qui offrent actuellement un traitement efficace contre les infections bactériennes chez l’homme, des efforts conjoints seront nécessaires dans l’UE, notamment de la part des États membres, des professionnels de la santé, de l’industrie, des agriculteurs et de beaucoup d’autres acteurs », prévient Bernhard Url, directeur de l’évaluation des risques et de l’assistance scientifique à l’EFSA.

Fréquence élevée chez les dindes et les poulets de chair

Dans le cas de Campylobacter, une proportion élevée de bactéries se sont révélées résistantes à un antimicrobien d’importance critique, la ciprofloxacine, notamment chez les poulets de chair, les porcs et les bovins, à des niveaux allant de 36% à 78%. Pour Salmonella, la multirésistance aux médicaments s’est révélée globalement élevée dans l’UE, notamment chez l’homme mais aussi chez certains animaux, en particulier les porcs et les dindes. Pour la résistance aux antibiotiques d’importance critique, la plus fréquente a été détectée pour la ciprofloxacine chez les dindes et les poulets de chair, où la proportion de résistants varie entre 29% et 50%.
La Commission européenne a adopté, en novembre 2011, un plan de lutte contre la résistance aux anti-microbiens (2) qui prévoit notamment l’amélioration du suivi de la surveillance en médecine humaine et en médecine vétérinaire.

(1) Voir n° 3395 du 22/04/2013
(2) Voir n° 3325 du 21/11/2012

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