Tous les départements ne sont pas égaux devant les aides de la politique agricole commune. C’est ce que montre une étude réalisée par le Cnsea, Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles, sur la « géographie des aides » en France en 2002.
Au niveau national en 2002, la ferme moyenne française dégage, en moyenne, un résultat d’exploitation de 37 700 euros sur 49,5 ha. Les aides Pac sont de 12 485 euros pour le premier pilier et de 1 795 euros pour le deuxième pilier (développement rural). Elles représentent 38 % du résultat d’exploitation dégagée par cette ferme moyenne française (respectivement 33 % et 5 % pour le 1er et le 2e pilier) et 68 % du résultat net d’entreprise agricole (respectivement 59 % et 9 %). Il existe de grandes disparités entre départements, en fonction des systèmes d’exploitation. Le Cnasea a séparé les départements métroplitains en cinq classes selon le poids des aides Pac dans le revenu agricole.
• La classe 1 correspondant à la zone dite « très haut revenu et faible niveau des aides Pac » ne comprend que deux départements : la Marne et les Bouches-du-Rhône, spécialisés dans des productions à forte valeur ajoutée (vin, fruits, maraîchage). Le revenu moyen y est 4 fois supérieur à la moyenne nationale.
• Dix départements typiquement céréaliers du bassin parisien se retrouvent en classe 2 nommée « haut revenu et fort niveau d’aides du premier pilier ». Les revenus atteignent environ le double la moyenne nationale et les aides du premier pilier atteignent 20 000 euros, soit 26 % du résultat agricole et 51 % du revenu net.
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• Les 13 départements réunis dans la classe 3 « zone à revenu moyen et fort niveau d’aides du premier pilier » se trouvent en secteur périphérique des zones précédentes, où l’on produit des grandes cultures souvent associées à l’élevage et de la viticulture. Les aides du 1er pilier atteignent 18 230 euros, soit 30 % de plus que la moyenne. Leur montant représente 61 % du revenu net d’entreprise agricole. Au contraire les aides du 2e pilier sont faibles (la moitié de la moyenne nationale).
• La classe 4 nommée « zone à faible revenu et niveau moyen des aides des deux piliers » regroupe 34 départements répartis sur tout le territoire. Les caractéristiques des exploitations agricoles sont assez proches de la moyenne. On peut constater que, dans ces départements, les aides Pac n’arrivent pas à sauver le revenu des agriculteurs. En effet, elles représentent tout de même 68 % du revenu net des exploitations. Pour autant, le revenu de ces dernières n’atteint que 88 % de la moyenne nationale.
• Les 33 départements restants se retrouvent dans la zone 5 à « très faible revenu et fort niveau d’aides du second pilier ». Ce sont les zones de montagne et les départements herbagers de l’Ouest du Massif Central, de la Normandie et de Bretagne. Le revenu moyen n’atteint que 50 % de la moyenne nationale et les aides Pac représentent le taux conséquent de 77 % du revenu, dont 29 % issus du second pilier. Une situation qui fragilise les exploitations en ces temps de réforme de la Pac.