Une trentaine d’experts appellent à réduire les seuils de l’hexane dans l’alimentation, eu égard aux effets négatifs sur la santé humaine. Une demande déjà portée par Greenpeace fin septembre. Dans le même temps, une mission parlementaire doit rendre ses conclusions sur « l’incidence économique ».
Dans une tribune publiée dans Le Monde le 7 octobre (article payant), une trentaine de médecins, chercheurs et acteurs de la santé appellent à durcir la réglementation sur l’hexane dans l’alimentation. « Il est possible de réduire l’exposition des Français à l’hexane. Cela suppose de revoir les seuils autorisés, voire d’interdire purement et simplement ce solvant au profit d’alternatives déjà disponibles et fonctionnelles, qu’elles soient mécaniques ou biosourcées et biodégradables », presse le collectif de signataires composé, entre autres, de Laurence Huc, toxicologue à l’Inrae, et de Serge Hercberg, créateur du Nutri-score.
Les auteurs soulignent que « l’hexane fait depuis dix ans l’objet d’alertes de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ». Ce solvant issu de la distillation du pétrole, présent dans l’alimentation car utilisé notamment pour l’extraction des huiles végétales, est un « neurotoxique avéré », rappelle le collectif. Il est également « toxique pour le système reproducteur », « perturbateur endocrinien » et « des études récentes suggèrent même un lien avec la maladie de Parkinson ».
Le collectif rappelle également que l’exposition à l’hexane est un motif de reconnaissance de maladie professionnelle en France, tant au régime général qu’agricole. Malgré cela, la réglementation sur l’exposition par l’alimentation est « très faible » avec « des études datant de 2016 », et de plus « l’hexane échappe à l’étiquetage », dit le collectif.
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Mission parlementaire lancée
Dans la foulée de la publication, Greenpeace s’est réjouie de la prise de position des personnalités scientifiques, dans un communiqué. Fin septembre, l’ONG avait déjà demandé l’interdiction de l’hexane dans l’industrie agroalimentaire vu les risques pour la santé, après un an d’enquête et d’analyses en laboratoire rapportant la présence de résidus dans des huiles, du beurre, des laits dont infantiles et du poulet. L'industrie a de son côté mis en doute la qualité des analyses. La Commission européenne a chargé en mai l’Efsa de réévaluer « la sécurité de l’utilisation de l’hexane » dans l’agroalimentaire, selon le site internet de l’Efsa.
De son côté, le député Richard Ramos (Modem, Loiret) a lancé une mission flash « sur l’incidence économique de l’utilisation d’hydrocarbures dans la production d’huiles alimentaires et leur mise sur le marché », le 24 septembre ». Les travaux « devraient durer trois mois » et seront présentés en commission des Affaires économiques sous forme de « synthèse », précise l’Assemblée.
LM