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Récolte céréalière française Des taux de protéines hétérogènes dans le Sud

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Les moissons sont déjà bien avancées dans la partie Sud de la France. Si les rendements sont plutôt satisfaisants, sans être exceptionnels, la particularité de cette récolte est sans doute la grande hétérogénéité des taux de protéines dans le Sud. Ce phénomène ne se manifeste pas sur la façade Atlantique ni dans le Centre. Dans ces régions, la qualité des récoltes est plutôt bonne. Le blé tendre et l’orge de printemps ont souffert de la sécheresse et des coups de chaleur de juin. C’est aussi le cas du pois protéagineux, dont le rendement décroche fortement.

Au 14 juillet, le blé dur était déjà récolté à 70 % dans l’Aude et l’Ariège. Les rendements sont plutôt bons, un peu plus de 40 q/ha, supérieurs aux prévisions dans la mesure où il n’a pas plu depuis un mois. La qualité sanitaire est excellente : pas de moucheture et un taux de mitadinage Mitadinage : accident faisant apparaître des zones farineuses dans le grain de blé dur habituellement vitreux, ce qui conduit à une baisse du rendement en semoule inférieur à 20 %. Quant au taux de protéines, ils se révèlent extrêmement hétérogènes, avec une moyenne un peu faible. « On retrouve dix points d’écart selon les lots, de 8 % à 18 %, avec une moyenne autour de 12,8-13 %, explique Guillaume Duboin, responsable céréales chez Audecoop. En général, l’écart se situe plutôt entre 11,5 et 15,5 %». Un peu plus à l’Ouest, la récolte de blé tendre est bien avancée dans le Tarn-et-Garonne. Près de 80 % est déjà engrangé. En revanche, au Sud de Toulouse, en Haute-Garonne et dans le Gers, les pluies ont retardé la moisson et seulement la moitié est récoltée. Les rendements sont jugés plutôt bons, « mais ce n’est pas la très bonne année que la profession attendait», précise Bernard Pechberty, directeur commercial de Sudépis. Là encore, le responsable de Sudépis souligne la très grande hétérogénéité du taux de protéines : de 10 à 13 % pour le blé tendre et de 13 à 16 % pour le blé de force. «L’allotement de la récolte sera particulièrement important cette année, puis l’homogénéisation des lots selon la demande du marché», ajoute-t-il. Même constat pour le blé dur dans ces départements, avec un taux moyen de protéines autour de 13,5 %. « Le positionnement du dernier apport d’azote a une forte influence sur le taux de protéines, mais aussi l’ensemble de l’itinéraire technique de la culture et le savoir-faire de l’agriculteur», analyse Bernard Pechberty.

Façade Atlantique : globalement une bonne qualité

En Charente-Maritime, les récoltes d’orge d’hiver, de pois et de colza sont quasiment terminées. La récolte d’orge de printemps et de blé tendre sont en cours, les pluies ayant fortement ralenti les chantiers de récolte. Globement, la qualité des récoltes est bonne. Le rendement moyen du colza se situe autour de 30-35 q/ha, un peu décevant. Celui de l’orge d’hiver autour de 60-65 q/ha avec un taux de protéines correct, voire un peu faible (10,6 %) selon Bruno Casaril, responsable collecte à la coopérative MCA qui couvre un quart de la Charente-Maritime. Ce dernier souligne en revanche les très bons taux de protéines du blé tendre : « ils se situent entre 11,5 et 14,5 % avec une très bonne valorisation des méthodes de pilotage de l’azote ». Le blé de force, lui, est un peu décevant au niveau des protéines, autour de 14,5 à 15 %. Selon Philippe Ballenger, responsable terrain à Syntéane (Charente-Maritime et sud de la Charente), le rendement du blé tendre se situe à 63-65 q/ha en moyenne, en dessous des attentes.

Pour les cultures de printemps, c’est la grosse déception pour le pois, avec un rendement de 30-32 q/ha en moyenne. Le rendement de l’orge de printemps non irriguée est lui aussi limité. A Syntéane, on constate surtout des problèmes de calibrage en raison des coups de chaleur en fin de cycle de la plante.

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Vendée : le blé tendre a souffert de la sécheresse

Même constat pour la culture du pois en Vendée. « Le froid à la floraison puis la sécheresse du printemps ont engendré de mauvaises fécondations» explique Christian Vinet de la Cavac. La récolte de colza, qui est terminée, a permis un bon niveau de production à 30 q/ha. Quant aux céréales, l’orge de brasserie d’hiver (variété Vanessa) a donné de très bons rendements (65-70 q/ha) et un taux de protéines correct (11 %). Le blé dur, dont 70 % est récolté, donne des rendements convenables mais surtout une excellente qualité (10 % de mitadin et 14 % de protéines). En revanche, si le taux de protéines du blé tendre, dont 20 % est récolté, est correct (11,5 % à 12 %), les rendements sont franchement décevants (autour de 60 q/ha). « La sécheresse du printemps et les coups de chaleur de juin ont fait perdre plus de 20 % de potentiel », regrette Christian Vinet.

Centre : très bons rendements en orge

Dans le Centre, les récoltes battaient leur plein dans la semaine du 14 juillet, notamment en orge et en colza. Pour l’orge d’hiver, les rendements signalés sont, là aussi, jugés très bons. Pierre Toussaint, responsable collecte à Agralys (qui couvre l’Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher et une partie des Yvelines et l’Essonne), parle de 75-80 q/ha avec de bons taux de protéines pour les orges brassicoles, voire trop élevés (12 %) pour la variété Vanessa. Denis Courzadet, directeur collecte d’Epis-Centre (Indre, Cher, Nièvre) est lui aussi, satisfait des rendements en orge avec 70-75 q/ha. Les taux de protéines sont convenables (10-11 %), mais surtout très homogènes, ce qui n’est pas le cas plus au Sud, et ce qui facilite grandement le travail des organismes de collecte. Si le colza a donné de bons résultats sur le secteur couvert par Agralys (35-40 q/ha), il a un peu déçu sur le secteur d’Epis-Centre (30-35 q/ha). D’autant que dans le Cher, les orages de grêle se sont abattus début juillet, provoquant un égrenage et de la verse. « 15 % de la récolte est perdu», regrette Denis Courzadet.