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Viticulture Des vignerons bordelais tentés par la dissidence

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Lors de la venue de François Fillon dans le Bordelais le 8 septembre, des membres de son cabinet ont rencontré les représentants d’un collectif de viticulteurs frappés par la crise économique, qui s’est constitué cet été. Le cabinet du Premier ministre serait favorable à l’intervention d’un médiateur pour répondre à certaines revendications. Le collectif, en plein développement, n’exclut pas de créer un syndicat « parallèle » s’il n’est pas entendu.

«Quatre revendications ont retenu l’attention des membres du cabinet de François Fillon : le malaise réel de la viticulture sur le terrain occulté jusque-là, les banques qui ne jouent pas le jeu de la relance économique avec les entreprises viticoles, le non-respect du paiement à 45 jours par le négoce et le déséquilibre de la représentativité des différents métiers dans l’interprofession », a précisé Chantal Séguillon, viticultrice à Saint-Emilion, qui dirige le Collectif.
Le cabinet de François Fillon aurait évoqué le recours à un médiateur pour résoudre ces différents points.
Le collectif demande un rééquilibrage au sein de l’interprofession des pouvoirs entre viticulteurs, négoce et metteurs en marché ainsi qu’un un droit de vote à bulletin secret. De plus en plus puissant avec l’afflux de nouvelles adhésions, il compterait près d’un millier de membres et projette de se rapprocher de certains négociants également insatisfaits.

Un moratoire sur les nouveaux cahiers des charges
« Nous avons eu un appel du pied du syndicat des négociants du Libournais et nous envisageons une table ronde avec eux. Nous aimerions que d’autres négociants se joignent à nous. Car nous voudrions savoir ce que le négoce attend des viticulteurs, quels types de produits. S’il attend du qualitatif à prix plancher, un vin standard à un euro la bouteille, dans ce cas on peut changer de métier. Les viticulteurs du Bordelais ont déjà fait le maximum, en termes de qualité et en terme de prix. Aujourd’hui, nous ne pouvons même plus investir », explique Chantal Séguillon.
« On a le sentiment que la grande distribution veut faire des produits pas chers et standardisés comme dans tous les autres domaines. Nous voulons continuer à faire un produit artisanal et vivre de notre métier. Il ne faut pas se laisser entraîner par les financiers, le vin n’est pas un produit financier », poursuit-elle.
La prochaine réunion du collectif est prévue à Créon (Gironde) le 15 septembre. Outre une plus forte représentativité des viticulteurs dans l’interprofession, le collectif demande un moratoire sur les nouveaux cahiers des charges des ODG qui n’ont pas été rédigés dans la concertation, selon lui. Si ces demandes ne sont pas entendues, il est question de créer un syndicat « parallèle » au Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB). Le collectif s’interroge sur la pression du monde financier qui s’exerce sur les responsables de l’interprofession et de ce fait, sur leur capacité à défendre le monde viticole.

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