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UE/Russie Désillusion à Bruxelles à la veille du sommet de Samara

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Alors qu’elle se faisait fort, en janvier dernier, de régler rapidement le problème de l’embargo russe sur la viande polonaise qualifiée de « question technique », la présidence allemande de l’UE paraît en mauvaise posture, face à Moscou, d’autant plus que les différends se sont multipliés. Du sommet de Samara, les 17 et 18 mai, qui devait permettre de lancer les négociations sur un nouvel accord de partenariat entre les deux blocs, les Européens attendent surtout à présent un signe d’apaisement de la part des Russes.

Moscou n’a toujours pas concédé le moindre geste envers Varsovie sur la question des exportations de denrées alimentaires. Ces dernières semaines, les tensions liées à la volonté des Américains d’installer en Europe une partie de l’infrastructure de leur bouclier anti-missiles et celles provoquées par le refus de l’Estonie de céder aux pressions de Moscou concernant le déplacement d’une statue héritée de l’ère soviétique ont compliqué la donne.

Même si le commissaire européen chargé de la santé Markos Kyprianou poursuit les négociations avec les services vétérinaires russes, le dossier n’est plus véritablement traité par les Européens au plan technique. Désormais, la Commission européenne attend un signal « clair et constructif, un calendrier précis pour la levée totale » de l’embargo sur les denrées alimentaires polonaise imposé par la Russie depuis le mois de novembre 2005, a indiqué, le 9 mai, le commissaire à l’industrie Günter Verheugen. « Nous pensons que le moment est venu pour la Russie de nous donner une date », a pour sa part, insisté le ministre allemand chargé des Affaires européennes devant les députés européens le même jour.

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Les perspectives d’un accord sur ce dossier avant le sommet de Samara sont jugées « réduites » par la Commission. Ce qui hypothèque largement la possibilité d’un lancement des négociations de l’accord de partenariat UE-Russie destiné à remplacer l’accord qui lie actuellement les deux parties dont l’échéance est fixée au 1 erdécembre 2007.

M. Kyprianou semble désormais être convaincu qu’aucun geste de sa part ou de la part de la Pologne ni aucune assurance sur la qualité des denrées alimentaires exportées vers la Russie ne permettra de débloquer la situation. Toutes ses propositions destinées à lever étape par étape l’embargo ont été rejetées.