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Chrysomèles du maïs Deux nouveaux insectes découverts en Ile-de-France

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Deux nouvelles captures de chrysomèles du maïs (Diabrotica virgifera) ont été réalisées dans l’Essonne en septembre, selon la direction régionale de l’agriculture d’Ile-de-France. Elles font suite à 174 captures cet été dans le Val-d’Oise. Malgré un suivi intensif et des mesures de lutte très lourdes, on ne peut pas encore parler d’éradication de cet insecte de quarantaine, capable de faire des ravages en production de maïs

La chrysomèle du maïs ( Diabrotica virgifera) fait encore parler d’elle : un insecte adulte a été découvert le 14 septembre sur la commune de Saulx-les-Chartreux (Essonne), située dans la zone focus du foyer d’Orly, qui avait été mise en place après la découverte de Diabrotica en 2002. Un autre insecte a été piégé le 20 septembre à Brétigny-sur-Orge, commune située dans la zone de sécurité. Ces deux insectes ont été repérés très tardivement dans la saison, après deux applications aériennes d’insecticides. Or, les vols étaient plutôt attendus fin juillet-début août. Les spécialistes s’interrogent sur leur origine. L’hypothèse d’une nouvelle introduction par voie aérienne (proximité de l’aéroport d’Orly) ou terrestre (par camion ou autre véhicule) sur la zone n’est pas à exclure. Les insectes ont été envoyés au laboratoire de l’Inra pour une analyse génétique. Ce qui permettra de savoir s’il s’agit de la descendance des insectes présents sur le secteur l’été dernier, ou non.

Mieux positionner les pièges

Chaque année, le nombre de pièges à chrysomèles augmente régulièrement en Ile-de-France. 600 pièges (300 sites) ont été mis en place en 2004, dont 200 pièges sur la zone d’Orly. 20 pièges supplémentaires ont été installés, suite à ces deux dernières découvertes en septembre. « Nous renforçons notre surveillance en positionnant le dispositif de piégeage de façon pertinente », explique Catherine Geslain-Lanéelle, directrice régionale et interdépartementale de l’Agriculture et de la Forêt (Draf) d’Ile-de-France. « Ainsi, nous les positionnons surtout dans les zones de monoculture de maïs. Bien nous en a pris puisque cela a conduit au piégeage d’insectes dans la commune de Pierrelaye, dans le Val-d’Oise », ajoute-t-elle  Voir Agra Presse N°2970 du 30 août 2004.

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Pierrelaye : les 38 agriculteurs attendent des solutions d’urgence

Les 38 agriculteurs concernés sur cette commune sont dans une situation inextricable : ils n’ont pas l’autorisation de cultiver autre chose que du maïs en raison de la pollution des sols par des métaux lourds, suite aux épandages massifs depuis le XIXe siècle des eaux usées de la station d’épuration d’Achères. Et désormais, ils ont l’obligation de mettre en place une rotation ! « La première étape est d’obtenir de Bruxelles une dérogation pour appliquer les nouvelles mesures de la Pac dans cette zone dès l’année 2005, ce qui permettra de tout mettre en jachère», explique Catherine Geslain-Lanéelle. Par la suite, des solutions techniques devront être étudiées pour recommencer une activité agricole. Par exemple, l’implantation de plantes non-alimentaires qui ne concentrent pas les métaux lourds. Ou encore l’implantation de plantes pièges à métaux lourds, technique appelée phytoremédiation. « Contrairement à ce que certains pensent, il ne s’agit pas d’un dossier agricolo-agricole, insiste la directrice générale de la Draf. S’il n’y a plus d’activité agricole sur cette zone, les métaux lourds risquent de migrer brutalement vers les nappes phréatiques, ce qui serait une catastrophe écologique ».