Au cours du mois d’août, la conjoncture du marché des fruits et légumes s’est dégradée pour les légumes, où les difficultés persistent, tandis que la situation reste déficitaire en fruits. C’est ce qu’indique la dernière note d’Interfel (l’interprofession des fruits et légumes frais), portant sur la semaine du 18 août.
Devant la dégradation des cours des légumes, notamment pour les marchés les plus volumineux, comme le melon et la tomate, les professionnels ont demandé au gouvernement, à la mi-août, d’autoriser la vente au déballage, c’est-à-dire que les grandes et moyennes surfaces puissent étendre leurs points de vente sur leur parking. Cette extension des lieux de vente n’est possible que sur autorisation préfectorale. Le gouvernement a accordé une autorisation nationale pour la vente de légumes au déballage pour trois week-ends : 23 et 24 août, 30 et 31 août, 6 et 7 septembre.
Toujours pas d’impact
Malgré cela, « l’impact n’était pas encore visible sur les marchés des légumes en fin de semaine 34 », selon Interfel. La tomate est même entrée en crise conjoncturelle, selon l’indicateur du SNM (Service des nouvelles des marchés), au début de la semaine étudiée. « Les difficultés ont persisté sur ce marché, même si une amélioration de la conjoncture européenne a été notée ».
En melon, malgré un écoulement fluide et une activité promotionnelle « dynamique », les cours « sont restés au plus bas ». « Les cours ne se sont pas relevés en semaine 34, restant à un niveau très bas dans les trois régions de production, alors que l’offre a décliné à l’échelle nationale ». La progression de l’offre d’artichaut, chou-fleur et brocoli en Bretagne a engendré des baisses de cours.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les seuls redressements de cours (légers) ont été notés sur les courgettes et les salades. Pour les fruits d’été, la situation est toujours aussi déficitaire, non seulement en pêche-nectarine, abricot, poire et prune Voir Agra-Presse-Hebdo n° 3 165 du 04/08/2008, pages 18 et 19., mais aussi en raisin de table. Dans la plupart de ces produits, les prix se maintiennent à des niveaux stables.
Pérenniser une éventuelle relance
Si les ventes au déballage relancent la demande de légumes et finissent par entraîner une hausse des prix à la production, ce que souhaitent les producteurs, il faut que les prix au détail ne montent pas trop, sinon les consommateurs se décourageront et la relance tournera court, estime-t-on à la FNPL (producteurs de légumes). Il faudrait pour cela que les distributeurs se bornent à répercuter la hausse des prix à la production, sans gonfler leurs marges. Une discipline est-elle possible au sein des familles professionnelles pour que la relance soit assurée par des marges raisonnables ? Pour l’instant en tout cas elle n’a pas été mise en place.
« Les légumes de France, c’est pas cher ! »
Dans un communiqué publié le 19 août, la FNPL démontre que les légumes peuvent concourir à une alimentation non seulement saine, mais bon marché. « Faites le calcul : six tomates, deux concombres ou un melon, c’est une entrée pour quatre à six personnes. Deux à trois euros divisés par six, soit 33 à 50 centimes par convive, qui dit mieux ? ». La fédération des légumiers fait sa démontration à deux niveaux : d’abord montrer que « les légumes de France, c’est pas cher » ; ensuite montrer que « les légumes de France, c’est pas cher pour ce que c’est ». Elle entend ainsi mettre en avant la fraîcheur des produits, le souci de la qualité et de l’environnement et les normes sociales auxquelles se soumettent les producteurs.