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Dionymer lève 7 M€ pour augmenter ses capacités de production

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Le biopolymère de Dionymer est produit dans un fermenteur à partir de déchets alimentaires et agricoles. Crédits : © Dionymer

Spécialiste de la production de matériaux polymères biodégradables à partir de biodéchets, Dionymer vient de lever 7 M€ pour lancer la prochaine phase de son industrialisation.

Après avoir levé 1,5 M€ fin 2023, Dionymer, spécialisée dans le développement de matériaux polymères biodégradables issus de biodéchets, vient d’annoncer une levée de fonds Seed de 7 M€. « Ce tour de table est réalisé auprès de UI Investissement, BNP Paribas Développement, Bpifrance (French Tech Seed), Naco (M Capital), ainsi que de l’intégralité de ses investisseurs historiques Irdi, Aquiti, Afi Ventures et Resiliance », est-il précisé dans un communiqué de Bpifrance du 2 février 2026. 

Forte de quatre brevets sur différents aspects de son procédé, la société transforme, via un fermenteur, des déchets alimentaires et des coproduits agricoles, en biopolymères biodégradables, sous forme de poudre et de granulés. Après la mise à l’échelle réussie de sa technologie, avec l’installation d’un pilote préindustriel à Mérignac (Gironde) opérationnel depuis mi-2025, la société est passée d’une capacité de production de 10 kg/an en laboratoire, à 1 tonne par an, dans un fermenteur équipé d’une cuve de 2000 litres. 

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« Cette levée de fonds va nous permettre de passer à l’étape suivante avec de plus gros équipements et donc de plus grosses capacités de production. Ce démonstrateur industriel nous permettra de produire 100 tonnes par an de matériaux polymères, destinés à l’industrie cosmétique en priorité », nous explique Thomas Hennebel, CEO et cofondateur de Dionymer avec Antoine Brège et Guillaume CharbonnierLa cosmétique utilise les polymères de Dionymer comme alternative aux poudres issues de la pétrochimie, utilisées dans la formulation de nombreux ingrédients cosmétiques et largement décriées pour des questions de santé. « Notre poudre biosourcée et biodégradable à des performances similaires, voire meilleures que les poudres existantes aujourd’hui, ce qui intéresse beaucoup les groupes de cosmétiques », souligne le dirigeant. Dionymer a déjà commencé la commercialisation de ses produits auprès de plusieurs grandes marques de cosmétiques. « Notre pilote industriel peut fournir des dizaines, voire des centaines de kilos actuellement à certains clients. Et à partir de 2027, Dionymer pourra fournir des dizaines de tonnes », détaille Thomas Hennebel

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Une usine en France à l'horizon 2030

Cette montée à l’échelle va non seulement permettre à Dionymer de démontrer sa capacité à produire des quantités industrielles de qualité, en commençant à alimenter de manière significative le marché de la cosmétique en priorité, mais aussi de dimensionner sa future usine. Suivant sa feuille de route, la société a pour objectif à l’horizon 2030 de construire en France, une usine d’une capacité d’au moins 1000 tonnes par an de polymères biodégradables issus de biodéchets. « L’objectif de notre montée à l’échelle progressive, c’est de toucher progressivement à de plus en plus de marchés, avec des volumes plus conséquents et des prix moindres », explique encore le CEO. Des marchés tel que l’industrie du papier, qui cherche à remplacer les additifs pétrochimiques non biodégradables utilisés pour leur propriété barrière au papier, notamment d’étanchéité à l’eau ou au gras. Et plus globalement, toutes les industries à la recherche de solutions biosourcées et biodégradables pour réduire leur impact environnemental. 

Autant de développements chez Dionymer qui nécessitent un renforcement des équipes pour passer de 13 à 22 personnes, afin d'augmenter les capacités de R&D et de renforcer la force commerciale, accompagné du déménagement du siège social à côté du pilote préindustriel.