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Porc Distorsions : l’Allemagne dans le collimateur de la filière porcine française

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Les organisations professionnelles de la filière porcine française ont profité de la caisse de résonnance médiatique du Space 2010 pour annoncer, le 16 septembre, la création, le 24 août dernier, du « collectif contre le dumping social en Europe ».

Un collectif contre le dumping social en Europe a été officiellement lancé à l’occasion du salon Space le 16 septembre. Ses membres fondateurs, le Comité régional porcin (CRP) de Bretagne, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) et le SNIV-SNCP (abattage-découpe) « demandent au gouvernement français et à la Commission européenne de se saisir du dossier et d’obliger l’Allemagne à appliquer le salaire minimum auprès de tous les salariés de l’industrie de la viande, sans discrimination à la nationalité d’origine ». Ils n’excluent pas de porter plainte contre l’Allemagne, devant la Commission européenne. Dès à présent, ils ouvrent un site Internet (www.stop-dumping-social-europe.org) où une pétition peut être signée électroniquement.

Première charge de l’industrie

Selon Emmanuel Commault, vice-président du SNIV-SNCP et directeur général de Cooperl Arc Atlantique, numéro 1 de la viande de porc en France, « le coût salarial de 80 à 90 % des emplois de l’industrie de la viande porcine allemande revient à 7 € (de l’heure) quand il atteint 20 € en France. Or, c’est la main-d’œuvre qui constitue la toute première charge de l’industrie de la viande.» Ces hommes et ces femmes payés peu cher sont des intérimaires originaires des nouveaux Etats-membres de l’UE, tous situés à l’est de l’Europe ou des pays limitrophes que l’Allemagne emploie sans appliquer « correctement les directives européennes anti-dumping », poursuit Emmanuel Commault.

5 euros par porc

Cette distorsion estimée à 5 € par porc provoque « des ravages » dans tous les pays producteurs européens. Depuis cinq ans, l’industrie porcine française décroît de 2 % par an pendant que l’Allemagne gagne 5 points par an, toujours selon Emmanuel Commault qui ajoute qu’il ne faut pas chercher ailleurs les raisons pour lesquelles les industriels ne peuvent pas acheter le cochon plus cher en France. Pour les 7 500 producteurs de porcs bretons, cette action collective constitue une des deux opérations à mener (avec le logo VPF imposé en charcuterie) pour redonner de l’oxygène à une filière étranglée par quatre années de crise.
« Nous avons perdu 10 € par porc en 2007, 11,50 € en 2008, explique Michel Bloc’h, président de l’UGPVB. Si nous avons été à l’équilibre en 2009, les perspectives d’un prix bas du kilo de porc vif et d’un cours haut de l’aliment nous laissent craindre le pire pour cet hiver ». Le collectif contre le dumping social peut aussi intéresser d’autres secteurs de l’agriculture « comme les fruits et légumes ou la volaille », dit pour sa part le directeur du SNIV-SNCP, Pierre Halliez.

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