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Vin Droits de plantation : les producteurs saluent la réouverture du dossier

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Les principales organisations de viticulteurs ont salué la réouverture du dossier des droits de plantation viticoles dans l’UE, mais adoptent une position de vigilance, rappelant que l’issue du débat « n’est pas gagnée ».

La Confédération française des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (Cnaoc) et son homologue à l’échelon européen l’Efow (Fédération européenne des vins d’origine) ont fait part de leur approbation, dans un communiqué publié le 20 janvier, à la réflexion lancée par Bruxelles sur les droits de plantation viticoles dans l’UE. L’annonce par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, le 19 janvier à Berlin, de la mise en place d’un groupe de réflexion à haut niveau sur la viticulture et en particulier la question des droits de plantation, « témoigne de la prise en compte par le commissaire de la gravité du sujet et des conséquences extrêmement lourdes liées à la dérégulation du secteur ».

Un premier pas
« Il s’agit d’un premier pas de la Commission et nous nous en félicitons », explique Riccardo Ricci Curbastro, président de l’Efow. En 2008, l’UE « a pris la décision d’autoriser n’importe qui à planter de la vigne n’importe où sur son territoire » dès 2016. Treize États membres, représentant 97 % de la production européenne de vin, et le Parlement européen, demandent à la Commission de revenir sur cette décision.
Dès juin 2011 et le vote du rapport Dess au Parlement européen, les vignerons indépendants « avaient appelé la Commission européenne » à intégrer le maintien des droits de plantation dans sa proposition de réforme de la Pac, a indiqué pour sa part la Confédération européenne des vignerons indépendants le 24 janvier. Le secteur vitivinicole, les États membres et les députés européens « s’expriment d’une voix quasi unanime » sur l’enjeu du maintien des droits de plantation depuis plusieurs mois. La Commission « connaît les risques de la libéralisation des plantations, elle connaît la pertinence de nos arguments », a-t-elle conclu.

« Accoucher » de propositions concrètes
Mais « cette prise de conscience n’est pas suffisante si elle n’est pas suivie d’une mise en œuvre rapide », tempère la Confédération française des vins de pays. Dans un communiqué publié le 20 janvier, elle souligne que la question des droits de plantation « doit absolument être traitée dès 2012 ». Tous les segments de vins, AOP, IGP, sans indication géographique, « ont besoin d’une décision d’encadrement pérenne des plantations de vigne en 2012 », a déclaré Michel Servage, président de l’organisation.
La FNSEA, quant à elle, a salué le 23 janvier l’initiative du commissaire européen, « qui marque un premier pas vers la prise en compte de la volonté de la viticulture européenne de conserver des outils de gestion de marché pour l’ensemble de ses catégories de vin ». La centrale syndicale « considère que le maintien d’un encadrement communautaire des droits de plantation est indispensable pour la préservation des territoires et de l’économie viticoles ». Elle demande cependant que le groupe « soit le plus réactif possible pour “accoucher” de propositions concrètes et applicables tout aussi rapidement.

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