La start-up francilienne a élaboré une technologie de séchage à température ambiante qui préserve les qualités d’origine des aliments, avec une meilleure empreinte carbone. Elle va industrialiser sa production tout en s’approvisionnant chez des maraîchers locaux.
Âgés tous les deux de 33 ans, Romaric Janssen et Jean-Gabriel Dijoud ont créé, en mai 2019 à Asnières-sur-Seine, la société LGD qui a mis au point une nouvelle technologie de déshydratation des aliments à température ambiante, commercialisés sous la marque Dry4Good. "Dry4Good fournit aux industriels et artisans des ingrédients alimentaires plus sains et naturels pour leur permettre de répondre au besoin croissant du mieux manger, tout en participant à rendre la production agroalimentaire française plus durable", explique Romaric Janssen. Après plusieurs mois de R & D, les deux associés ont en effet réussi à transformer une technologie de déshydratation à température ambiante éprouvée en laboratoire, en un process industrialisable. "En comparaison de la lyophilisation qui déshydrate par surgélation (jusqu’à -80° C), notre technologie sèche les aliments à température ambiante, ce qui permet, d’une part, d’optimiser leurs paramètres gustatifs, nutritionnels, texturants et aromatiques et, d’autre part, d’éliminer tout intrant dans la liste des ingrédients car nous obtenons des produits bruts les plus proches de l’aliment d’origine. Le tout en divisant par 3 ou 4 la consommation d’énergie et le temps nécessaire pour les déshydrater", assure-t-il.
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15 à 20 tonnes de produits secs fin 2021
Soutenue par la Région Ile-de-France et la BPI (respectivement 130 k€ et 30 k€ de subventions), accompagnée par Wilco, l’accélérateur de start-up francilien (120 k€ de prêt d’honneur) et incubée par Agoranov depuis février, Dry4Good fait également partie du réseau Tech for Good. Grâce à une levée de fonds opérée à l’été 2019 (montant non communiqué, tout en sachant que le capital reste contrôlé par les deux fondateurs), elle a investi plus de 500 k€ dans la création d’une unité de production d’une capacité annuelle de traitement de 120 à 150 tonnes de fruits, légumes et autres plantes aromatiques. Un montant dix fois supérieur aux tests menés depuis six mois sur le pilote de laboratoire, dont les productions sont déjà commercialisées auprès de premiers clients (artisans, entreprises agroalimentaires). "Cette unité sera installée fin 2020 dans un local temporaire à Saint-Ouen-L’Aumône, puis courant 2021 chez le maraîcher partenaire le Bon Plant, à Villiers-le-Sec", poursuit Romaric Janssen. Car c’est l’une des dimensions clean label revendiquées par Dry4Good : s’approvisionner auprès de maraîchers majoritairement franciliens et quand les ingrédients l’imposent (truffes, kiwis…) issus d’autres régions françaises, en utilisant aussi leurs productions déclassées ou hors calibre. Parmi eux, le Bon Plant avec lequel elle a noué un partenariat plus poussé qui prévoit, dès l’an prochain, de partager l’outil d’une conserverie en cours d’installation. Quant aux prévisions de chiffre d’affaires, il est trop tôt pour s’avancer, Romaric Janssen préférant parler d’une production annuelle de 15 à 20 tonnes de produits déshydratés d’ici à fin 2021.