Abonné

Du beurre de cacao dans les aides culinaires

- - 5 min

Epicerie > Deux start-up lancent en parallèle des gammes de tablettes de légumes au beurre de cacao apportant une offre inédite sur le marché des aides culinaires.

Ça s’agite dans les écoles d’agro ! Encouragés par les nombreux concours récompensant les esprits innovants, les étudiants cogitent. Au même moment, des entrepreneurs en herbe de l'Oniris Nantes et de l’ENSAIA-Université de Lorraine ont imaginé des tablettes de légumes sans additifs, sans sel ajouté, ni conservateurs. Réalisées uniquement à base de beurre de cacao désodorisé et de plus de 60% de légumes déshydratés, elles se positionnent comme une nouvelle offre au rayon des aides culinaires. Ces tablettes se détaillent en carrés à râper, par exemple sur des pâtes, ou à intégrer fondus dans des sauces ou des plats.

En croisant les tendances de consommation actuelles que sont la naturalité, le végétal, le gain de temps et le plaisir, les étudiants ont convergé vers la même idée. « La créativité folle que permet la tablette de chocolat nous a inspirée. Associée avec les thématiques montantes du légume et du bio, cela a donné des tablettes qui mettent le légume à portée de main », explique Kevin Singer, co-créateur avec Pauline Berthonneau de Cocasse, la start-up développant le projet nantais depuis août 2017. Les trois premières créations de Cocasse sont à la carotte, la tomate ou la betterave et proposées à 4,49 € la tablette de 100 g.

S’ils ont misé d’emblée sur un produit bio, ce n’est pas le cas de Carrés futés, l'autre tablette de légumes portée par Camille Bloch et Maxime Théry. « Nous avons préféré pouvoir proposer un prix plus bas pour encourager les consommateurs à l’essayer. Nous sommes déjà 100% naturels », explique Camille Bloch. Leur tablette est vendue 2,99 €. Le passage au bio fait tout de même partie des projets de Carrés Futés pour l'an prochain. Autre différence, Carrés Futés propose des parfums issus de mélanges de légumes, par exemple tomate-poivron-basilic-échalote ou poireau-céleri-fenouil.  

Passer à la vitesse supérieure

Les deux projets de tablettes faisaient partie de la sélection finale du trophée Ecotrophelia France 2016, le concours national de l’innovation alimentaire réservé aux étudiants. A l’époque, Carrés futés qui s’appelait CarréLéon avait été récompensé, il avait aussi gagné l'Ecotrophelia Europe. Mais lors du Sial 2018, même si les deux entreprises étaient présentes, c’est Cocasse qui est reparti avec le prix du Sial innovation Hopefuls 2018.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Ces prix sont une rampe de lancement précieuse. C'est grâce aux 6 000 euros d'Ecotrophelia, et surtout aux 30 000 euros remportés lors des concours d'innovation Lance-toi et crée ton truc de Carrefour et Agropôle, que Carrés Futés a pu se lancer en complétant par un financement familial. Les jeunes entrepreneurs ont aussi misé sur un financement participatif via Ulule qui a atteint 12 000 euros en novembre 2017. Ils préparent le passage à une production semi-industrielle pour 2019.

Du côté de Cocasse, le financement a débuté grâce à leurs économies personnelles (10 000 euros) complétées par un petit financement participatif de 5 000 euros sur J'adopte un projet. Leur projet été primé dans quatre concours d'innovation ou de jeunes entrepreneurs et a bénéficié d’une aide de la région Pays de la Loire. Pour passer à la vitesse supérieure, c’est au L.A Venture organisé en 2017 par KPMG et LMT (La Mayenne Technopole) à Laval qu’ils ont « pitché » devant des investisseurs. Parmi eux, Mylène Romano, une investisseuse privée privilégiant les projets autour de l’alimentation durable et de l’écologie. Cette rencontre leur a permis de lever 200 000 euros. De quoi financer leurs outils de communication, les stocks et l'achat de leur propre ligne de production de 50 000 euros installée sur le site de l’Oniris à Nantes. La jeune entreprise espère atteindre 400 000 euros de chiffre d’affaires l’an prochain pour sa première année pleine d’activité.

Les deux marques de tablettes sont déjà en rayon. Cocasse est référencé dans une cinquantaine de Franprix et espère l'être prochainement dans les 200 à 300 points de vente de l'enseigne. Une autre marque est envisagée pour entrer dans le réseau spécialisé bio. Cocasse mise sur Amazon Foods pour l’e-commerce. De son côté, Carrés Futes est présent dans 20 hypermarchés Carrefour, a son e-boutique et est vendu par la boutique Ulule.

Décidement lancées sur le même chemin, les deux start-up travaillent à des versions de tablettes aux fruits pour l'an prochain, à l'assaut du dynamique marché des aides pour la pâtisserie.