Alors que les surfaces de pois sont descendues à un très bas niveau en 2007, l’Unip et Arvalis espèrent relancer l’intérêt pour cette culture à l’occasion de la récolte 2009. Les deux organisations misent sur la hausse du prix de l’azote. Elles mettent également en avant les avantages que la culture procure à l’échelle de la rotation.
Rien moins que 500 000 hectares : c’est ce que Pierre Cuypers, président de l’Unip (Interprofession des protéagineux), se fixe comme objectif pour la récolte de pois 2009. Le chiffre est ambitieux, puisque pour la campagne 2007/2008, les surfaces n’ont pas dépassé les 130 000 hectares. Mais pour l’interprofession comme pour les experts d’Arvalis, l’intérêt du pois, qui fixe l’azote atmosphérique, devrait devenir manifeste avec la hausse du prix de l’engrais azoté. « Aujourd’hui, les agriculteurs sont conduits à prendre des positions d’achats sans prix sur l’azote », a souligné Pierre Cuypers, lors d’un point presse organisé le 26 juin à Paris par l’Unip et Arvalis. En très peu de temps, le prix de l’engrais a plus que doublé. « En 2003, une unité d’azote valait 50 à 55 centimes d’euros, alors qu’en avril 2008, il fallait compter 1 euro à 1,10 euro », a rappelé Franck Wiacek, ingénieur chez Arvalis.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Prendre en compte la marge à l’échelle de la rotation
Non seulement le protéagineux constitue une source d’azote « gratuite » pour la culture suivante, mais il permet en plus des gains de rendements de 6 à 8 q/ha en moyenne pour le blé suivant par rapport à un blé de blé. « On ne connaît pas de culture qui permette un aussi fort gain de rendement pour la culture suivante », a signalé Franck Wiacek. Sur le plan environnemental, le protéagineux offre un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et globalement, Arvalis estime que l’introduction du pois, en générant des économies en phytos ou en réduisant le risque mycotoxines sur blé, conduit à limiter les charges sur l’ensemble de la rotation. « L’introduction du pois dans l’assolement permet d’utiliser d’autres herbicides que ceux de la famille des Fop, donc de mieux gérer les adventices dans les céréales », a par exemple précisé Franck Wiacek. Si l’on considère la marge à l’échelle de la rotation, la culture est rentable, d’après l’Unip et Arvalis. Reste à convaincre les agriculteurs, souvent tentés de comparer leurs marges par culture une année donnée. En tout cas, la demande à l’aval existe : « Le déficit de l’Europe en protéines végétales est de l’ordre de 72 à 75 % », a rappelé Olivier de Gasquet, directeur de l’Unip.