Alors que la Commission européenne finalise sa stratégie sur la résilience en eau attendue pour le mois de juin, le Parlement européen se prononce pour la création d’un fonds distinct dédié à cette question. Mais Bruxelles comme les eurodéputés ont encore du mal à trancher sur le dossier du stockage pour l’agriculture.
Le Parlement européen a adopté, le 7 mai, à une large majorité (470 voix contre 81 et 92 abstentions), sa position sur la future stratégie sur la résilience en eau, que doit présenter au mois de juin la Commission européenne. Les eurodéputés y appellent cette dernière à créer un fonds distinct dédié à la résilience de l’eau dans le cadre du budget à long terme de l’UE post-2027 « afin de moderniser les infrastructures hydrauliques, la gestion durable de l’eau, les solutions fondées sur la nature et les technologies innovantes d’utilisation efficace de l’eau ». Ils insistent aussi sur les soutiens à apporter aux agriculteurs qui adoptent des pratiques agricoles à faibles intrants et biologiques, des méthodes d’irrigations de précision ou des cultures peu gourmandes en eau. Les parlementaires demandent la mise en place d’un cadre législatif fixant des objectifs sectoriels non contraignants en matière d’utilisation rationnelle de l’eau et de captage d’eau au niveau des bassins, sur la base d’évaluations actualisées de la disponibilité de l’eau et des risques climatiques.
La question du stockage en suspens
Le rapport final indique aussi que l’UE doit redoubler d’efforts pour réduire la pollution de l’eau due aux produits pharmaceutiques, aux pesticides et engrais chimiques, aux bactéries résistantes aux antibiotiques, aux microplastiques et aux produits chimiques, et pour éliminer progressivement les polluants éternels comme les PFAS. Plusieurs amendements (17, 18, 19 et 20) déposés par la commission de l’Agriculture ont été validés qui soulignent que « la production alimentaire ne doit pas être compromise ». Certains ont toutefois été rejetés, notamment celui appelant à « poser un cadre juridique clair pour éviter que des projets autorisés puissent être systématiquement remis en cause ». Le Parlement invite aussi la Commission européenne à proposer un plan de gestion intégré des nutriments afin de lutter efficacement contre la perte d’intrants agricoles et souligne que l’actuelle directive sur les nitrates doit être révisée car jugée obsolète.
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Selon les premiers éléments qui ont pu filtrer du projet de la Commission européenne, celle-ci pourrait fixer, à titre indicatif, un objectif de réduction de la consommation d’eau à l’échelle de l’UE. Mais le pourcentage reste à définir. Elle propose d’intégrer dans la Pac des mesures pour soutenir les agriculteurs qui s’engagent à améliorer leurs performances en matière d’eau sans se prononcer sur la question du stockage.