À l’occasion des Assises de l’eau agricole le 18 novembre, Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Île-de-France, a plaidé pour autoriser des prélèvements majorés quand les nappes sont pleines, afin d’adapter l’agriculture au réchauffement climatique, et ainsi maintenir et développer les milliers d’exploitations franciliennes. Cette annonce s’appuie sur un diagnostic climatique établi par Explore 2, le programme national de référence piloté par l’Inrae et l’Office international de l’eau (OiEau), qui modélise l’évolution du climat et de la ressource en eau à l’horizon 2100. Selon ces travaux, les précipitations devraient augmenter en hiver (+ 22 %) mais diminuer en été (- 13 %). L’agriculture francilienne, aujourd’hui peu consommatrice d’eau, devra donc notamment faire face à des sécheresses estivales plus sévères comme à des excès d’eau plus fréquents. Dans ce contexte, les besoins en irrigation pourraient progresser : en Île-de-France, les surfaces irriguées ont déjà progressé de 14 % entre 2010 et 2020.
Aussi, la Région a annoncé l’ouverture, en 2026, de deux guichets Feader « systèmes hydrauliques » pour soutenir des projets agricoles collectifs ou individuels (irrigation goutte-à-goutte ou par aspersion, retenues d’eau, forages, modernisation des réseaux, pompes, systèmes de pilotage, réutilisation d’eau). Le taux d’aide retenu est de 40 % et le plancher d’éligibilité à 5 000 euros. Parallèlement, elle entend poursuivre sa politique de prévention, avec la préservation des sols via son plan « Zéro artificialisation nette » et la sanctuarisation de près de 40 000 hectares de terres agricoles, et a d’ores et déjà désimperméabilisé 463 000 m² de sols grâce à son plan pour l’adaptation du territoire francilien au changement climatique (Pracc).
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JJ