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Eau : un barrage à l’étude en amont de la Dordogne

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Une étude, cofinancée par la Corrèze, la Charente et la Charente-Maritime, explore la construction d’un barrage en amont de la Dordogne pour transférer de l’eau vers le bassin de la Charente. Ce projet estimé à 600 millions d’euros suscite de fortes réserves chez plusieurs élus.

Une étude, rendue publique le 4 mars par le Conseil départemental de la Corrèze, explore la possibilité de construire un barrage de 45 millions de mètres cubes (Mm3) sur l’amont de la Dordogne, au niveau du pont de l’Arpiat, rapporte le média Ici (ex-France bleu). Objectif : puiser de l’eau en Corrèze pour approvisionner le fleuve Charente, via un transfert d’eau passant notamment par la Vienne.

Cette piste constitue l’un des scénarios examinés par cette étude menée par le bureau Rives et Eaux et cofinancée par les départements de la Corrèze, de la Charente et de la Charente-Maritime. Avec l’objectif d’anticiper les futurs besoins en eau du bassin de la Charente, qui va devoir combler 80 à 100 Mm3 d’eau d’ici 2050 face au changement climatique. La moitié devrait être économisée grâce à un plan de sobriété, mais reste au moins 40 Mm3 à trouver.

Selon l’étude, qui s’appuie sur les données du Giec, la Corrèze devrait être l’un des rares départements à connaître une hausse des pluies hivernales d’ici 2050. L’idée serait de capter une partie des crues hivernales pour les transférer vers le bassin charentais. La mise en œuvre supposerait toutefois de construire, en plus du barrage, des conduites sous pression, des canalisations et des stations de pompage, tout en utilisant une partie des ouvrages déjà présents sur la Vienne. Un projet dont le coût total est estimé à 600 M€, soit la capacité d’investissement annuelle des trois départements réunis.

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Un projet financièrement « inaccessible »

Pour le président du département de la Charente, Jérôme Sourriseau, le projet pharaonique est financièrement « inaccessible », a-t-il estimé à l’occasion d’une conférence de presse à Tulle avec ses homologues de Corrèze et Charente-Maritime. Dans un communiqué, les départements de la Charente-Maritime et de la Charente, à travers l’EPTB Charente, l’établissement public de bassin, disent « prendre acte » des conclusions des travaux et « souhaitent s’inscrire dans une dynamique recentrée sur les sujets propres à leur périmètre de compétence ».

En avril 2025, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, avait estimé que ce projet, soutenu par le président du département de la Corrèze Pascal Coste, « serait un échec ». « On va regarder des solutions plus proches de nous », traduit Mickaël Villéger, président de Charente Eaux et vice-président au département, en charge de ces questions. Une des pistes consiste à rehausser la Touvre, un affluent de la Charente, avec des digues amovibles afin de mieux soutenir l’étiage, ou encore de désenvaser le lac de Lavaud, qui sert de retenue d’eau à la Charente afin de gagner de précieux millions de m3 d’eau, à moindre coût.

JJ

Le coût du projet est estimé à 600 millions d’euros