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Eau : un campement de « résistance » dans les Deux-Sèvres

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Des dizaines de militants ont commencé le 1er juillet à se relayer à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) pour assurer un tour de garde dans un campement de « résistance » à des projets controversés de retenues d’eau, ont annoncé le même jour les organisateurs.

Le collectif « Bassines Non Merci » a mis en place un « campement de résistance et de surveillance » (CRS), baptisé Mauz’zad, s’opposant à un projet près de cette commune jouxtant le parc naturel régional du Marais poitevin. Il fait partie de 16 projets de « bassines » à usage de stockage d’eau pour l’irrigation agricole, qui cristallisent les tensions dans la région depuis des années ; treize dans les Deux-Sèvres, deux en Charente-Maritime et une dans la Vienne. L’État et les chambres d’agriculture souhaitent les creuser en trois tranches de travaux et si possible dans les trois prochaines années.

Ces projets « confortent un modèle d’agriculture dont on ne veut plus », a indiqué à l’AFP le député européen EELV Benoît Biteau, agriculteur bio en Charente-Maritime. Pour le parti écologiste EELV qui défend la mobilisation locale, « ces réserves d’eau géantes, de 10 ha en moyenne, remplies en hiver en pompant principalement dans les nappes souterraines, pour irriguer en été des cultures intensives (en particulier maïs) et financées sur fonds publics, sont un non-sens écologique à l’heure où le partage de l’eau se fait toujours plus sensible », selon un communiqué. « Ces projets menacent l’accès à l’eau potable et augurent d’un gaspillage dramatique de ressources et de terres pour favoriser les bénéfices de quelques-uns », ajoute le texte.

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Dans le camp des défenseurs, la Coop de l’eau 79 met, elle, en avant « un vrai projet de territoire », selon le président Thierry Boudaud, interrogé par Agra Presse. Une majorité y adhère, depuis la conclusion d’un protocole d’accord, le 18 décembre en préfecture, avec entre autres signataires Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres (Non inscrite) et présidente de Génération Ecologie. L’accès à l’eau des bassines est conditionné à une évolution des pratiques agricoles : réduction des phytos, implantation de haies, diversification des cultures. « On est pour le dialogue », souligne Thierry Boudaud. Et de se prévaloir des liens noués avec les principales associations du bassin de la Sèvre niortaise comme la Coordination pour la défense du Marais Poitevin, Deux-Sèvres Nature Environnement, la fédération de pêche, toutes trois signataires du protocole d’accord lançant la phase de financement du projet. Les premières retenues d’eau sont annoncées pour 2020.

EELV soutient des opposants, Batho parmi les défenseurs