Dans une lettre ouverte au ministère de l’Agriculture qu’Agra Presse a pu consulter, la section nationale échalotes s’insurge d’une « décision unilatérale » des Pays-Bas autorisant la commercialisation de deux variétés d’échalotes de semis (Innovator et Davidor) pendant deux années supplémentaires, de façon dérogatoire. Ces variétés ont pourtant été radiées des catalogues européens des espèces potagères au printemps 2024. « Autant les producteurs d’échalotes traditionnelles avaient accepté l’écoulement de la récolte 2024 issue de ces variétés, car leur radiation du catalogue étant intervenue après les semis, autant ils s’opposent à tout prolongement de l’autorisation de commercialisation des graines », est-il expliqué. Selon les informations de la section nationale, le ministère de l’Agriculture n’aurait été informé de cette décision que mi-février (alors que les semis approchent) et le semencier aurait déclaré avoir soumis une nouvelle demande d’inscription.
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L’opposition entre les producteurs d’échalotte traditionnelle (plants) essentiellement situés en Bretagne et la filière néerlandaise privilégiant des variétés de semis est récurrente depuis plusieurs décennies. « Quels que soient les éléments apportés depuis des années sur ce dossier, les parties prenantes du produit de semis passent outre pour imposer leur vision de ce qu’est une échalote à tous les producteurs européens, et surtout aux consommateurs », regrettent les producteurs français. Pour ces derniers, cette situation est ressentie avec beaucoup d’amertume : « Pourquoi relancer de nouvelles inscriptions, alors que nous savons déjà qu’elles ne répondent pas aux critères leur permettant d’être classées en échalote ? Raison de plus pour imposer que les tests d’inscription soient parallèlement réalisés en France. »