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Méthodes alternatives Ecophyto 2018 : InVivo adapte ses conseils et ses références techniques

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Lors d’une conférence de presse, le 22 mars à Paris, sur le thème « Agir pour une agriculture durable », InVivo a tenu à montrer son implication dans la recherche de méthodes alternatives en agriculture. De nombreux essais sont actuellement menés par la première coopérative de France, pour adapter les référentiels et les conseils techniques aux nouvelles attentes sociétales vis-à-vis de l’agriculture. Pour les grandes cultures, les efforts portent particulièrement sur le désherbage et les maladies fongiques, principales causes de déclenchement des traitements.

«Les innovations en matière de pratiques agronomiques sur les parcelles sont actuellement en test sur 1 200 essais en culture en France », a indiqué Bernard Pons, responsable du département agronomique chez InVivo, lors d’une conférence de presse le 22 mars à Paris. Ces expérimentations mettent l’accent sur l’utilisation de variétés tolérantes aux maladies fongiques, ainsi que sur les pratiques de désherbage complémentaires à la lutte chimique. De plus, InVivo poursuit son implication dans l’adaptation du conseil à ces nouvelles méthodes par la proposition de différents outils de diagnostic parcellaire aux agriculteurs.

Un nécessaire retour à la lutte agronomique
« Les parts de marché des variétés de céréales tolérantes aux maladies fongiques atteignent les 15%, en nette progression depuis cinq ans », a indiqué Bernard Pons. Selon lui, l’amélioration de ces variétés en termes de rendement permet d’accroître leur présence dans les assolements et de diminuer les coûts de traitement. En effet, lorsqu’une variété sensible nécessite deux traitements fongicides, une résistante n’en a besoin que d’un, a expliqué Bernard Pons. Il ajoute que les semis tardifs permettent souvent d’économiser un passage de fongicide sur les parcelles. De plus, « une montée en puissance des résistances aux herbicides, en particulier sur les graminées, impose un retour aux fondamentaux de l’agronomie », explique Bernard Pons. Pour cela, InVivo met au point un outil d’aide à la décision (OAD) permettant d’évaluer les risques de création de résistances en fonction des techniques appliquées, et un deuxième sur l’effet des rotations.

Associer méthodes alternatives et lutte chimique
Des programmes de lutte agronomique contre les adventices sont testés par les services agronomiques d’InVivo. « Un programme comportant deux déchaumages, un faux semis, un labour et un retard de date de semis permet un désherbage à 90,2% d’efficacité, si l’on ajoute une lutte chimique, on atteint les 100% », a expliqué Bernard Pons. Il poursuit : « Ces méthodes alternatives associées à la lutte chimique permettent de diminuer l’indice de fréquence de traitement (IFT) de 26% sur les cultures de maïs ». Pour le moment, différents itinéraires techniques sont en cours de tests et les premiers résultats devraient être présentés fin janvier 2012. Selon Bernard Pons, il est difficile de faire comprendre aux agriculteurs qu’il est nécessaire d’adopter ces nouvelles pratiques, cependant leur implication dans le diagnostic des parcelles améliore l’appropriation de ces techniques par les producteurs.

Faire évoluer le conseil pour diffuser les techniques alternatives
« Un diagnostic des parcelles d’une durée de quinze minutes en dix questions posées à l’agriculteur est réalisable. Par exemple, on remarque que les rotations longues montrent moins de risques de création de résistances chez les adventices que les courtes », a expliqué Bernard Pons. « Les conseillers changent progressivement de méthodes pour faire évoluer les pratiques des agriculteurs », a indiqué Charlène Lejeune, responsable développement des services chez InVivo. Selon elle, « la réduction des pratiques à risque, comme l’utilisation de produits phytosanitaires en période de drainage des sols, pourrait permettre de diminuer les effets des produits phytosanitaires sur la qualité de l’eau de l’ordre de 50% ». « L’intégration de la dimension environnementale dans les préconisations et des gains en productivité sur le conseil sont nécessaires », a enfin souligné Charlène Lejeune. Pour cela, les OAD doivent donner de l’information sur la zone de l’exploitation et prendre en compte l’optimum économique de l’agriculteur, le respect des réglementations et de l’environnement. « La création d’indicateurs, tels les IFT, pour assurer le suivi du conseil notamment, est en cours chez InVivo. Le but étant de constituer une base de données pluriannuelle pour mesurer les effets du conseil et déterminer de nouveaux indicateurs », a conclu Charlène Lejeune.

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