« Star des étals », la tomate est le premier légume frais (1) consommé en France (hors pomme de terre) avec un taux de pénétration de 96%. Si les ventes de tomates restent satisfaisantes, les opérateurs souhaitent continuer leur travail au service du dynamisme de la filière tomate, avec en première ligne l'Association d'organisations de producteurs nationale (AOPn) « Tomates et concombres de France ».
Six mois de travail organisé en différents ateliers auront été nécessaires à l'AOPn Tomates et concombres de France pour penser, rédiger et publier un « livre blanc », répertoriant les chantiers pour la filière tomate. Présenté par le président de l'AOPn Laurent Bergé le 10 septembre, cette feuille de route identifie trois défis majeurs : favoriser le goût, répondre aux multiples attentes des consommateurs et garder le cap du développement durable. Trois challenge à relever pour les tomates produites sous serres, qui représentent 90% de la production totale des producteurs de l'AOPn.
Travailler sur le goût constitue une urgence pour l'AOPn, car c'est par ce biais que la production française pourra se différencier et gagner face à la concurrence étrangère. Selon l'AOPn, les tomates françaises seraient déjà goûteuses à la sortie des champs : le problème se pose lors du transport vers les surfaces de vente, où les tomates sont stockées au froid, et dans les pratiques des consommateurs, notamment lorsqu'ils conservent les tomates au frigo. La filière souhaite donc repenser le transport et éduquer les consommateurs.
La revendication patriotique
Les attentes des consommateurs se font plus fortes et plus diverses, constate Laurent Bergé. Les questions de santé (qualités nutritionnelles) et de l'origine ont pris une place importante dans la décision d'acte d'achat. La filière tomate désire mettre en avant l'origine France à travers un « big bang patriotique ». « Il s'agit là d'un formidable levier de progrès pour la filière, aujourd'hui marquée par une revendication nationale très minimaliste par rapport à ce que l'on peut observer dans d'autres pays », indique le livre blanc.
Tordre le cou aux idées reçues sur la culture sous serre
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En matière d'environnement, si les producteurs de tomates tendent vers le développement durable dans la pratique, la filière constate un véritable manque d'information de la société civile, convaincue que la serre est le symbole de la culture artificielle, déshumanisée et néfaste pour l'environnement. « Et pourtant ! », s'exclament les producteurs. Les serres permettent de limiter l'irrigation, les pulvérisations de pesticides et la consommation énergétique. Mieux : les écoserres qui se développent devraient à terme de produire de l'énergie grâce à des techniques de valorisation des déchets.
Communiquer
Quelle que soit la piste étudiée, tous les contributeurs au livre blanc ont conclu à un besoin prioritaire : celui de communiquer vers le consommateur. Pour le guider dans son achat (choisir le « made in France »), l'éduquer aux bonnes pratiques de conservation et l'informer de façon transparente sur la culture sous serre encore trop méconnue. Dans cette optique, l'AOPn envisage la création d'une journée « serres ouvertes » pour prouver aux consommateurs que les serres, transparentes, n'ont rien à cacher.
(1) La tomate est un fruit au point de vue botanique, mais considérée comme un légume dans le secteur culinaire.