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Elevage : Genevard lancera des « Assises du sanitaire » en janvier

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La ministre de l’Agriculture a annoncé le lancement, début 2025, des « Assises du sanitaire ». La prévention – et notamment la question des vaccins – figurera en bonne place dans l’ordre du jour.

Alors que les élevages français font face à de multiples épizooties, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard « a souhaité lancer des « Assises du sanitaire » dès le mois de janvier 2025 », selon un communiqué publié le 4 novembre, à l’occasion d’un déplacement dans le Tarn. L’ordre du jour de cette réunion n’a pas été précisé, mais la prévention y occupera une large place. « Il faut une politique qui soit remise à plat et qui mette l’accent sur l’anticipation, la prévention », a précisé Annie Genevard le 6 novembre devant les sénateurs de la commission des Affaires économiques. Pour cela, la ministre prévoit d’inviter « les vétérinaires, les chercheurs, les groupements de défense sanitaire, les services du ministère, les professionnels » pour « déterminer ensemble une vraie stratégie efficace ». Nommée en pleine flambée de fièvre catarrhale ovine (FCO), la nouvelle locataire de la Rue de la Varenne dit avoir « acquis en quelques semaines la conviction que notre système ne fonctionne plus ». « On est toujours raidis dans l’attente d’une prochaine crise sanitaire, le nez dans le guidon », estime-t-elle.

« Nous n’avons pas d’autonomie sanitaire »

Qui dit prévention dit notamment vaccins, selon la ministre. Une politique sanitaire plus efficace, « cela suppose de convaincre les éleveurs de vacciner, quand on a des vaccins. » Or, « nous n’avons pas d’autonomie sanitaire aujourd’hui », déplore Mme Genevard. Et d’illustrer son propos par les ruptures actuelles de vaccins contre la FCO-8 et la MHE. « Nous avons un seul laboratoire franco-allemand sur le territoire (Boehringer Ingelheim, NDLR), mais il est incapable de nous fournir des vaccins contre la FCO 8, car toutes ses lignes de production sont mobilisées pour les autres vaccins. La seule source qui reste, c’est un laboratoire espagnol (CZ Vaccines, NDLR), qui privilégie – et c’est logique – son marché national. »

Alors que des parlementaires de tous bords réclament une refonte de la politique sanitaire, le sujet a rencontré un certain écho auprès des sénateurs le 6 novembre. « Un euro investi dans la prévention et dans l’adaptation, c’est jusqu’à sept euros d’économisés dans la gestion de crise », a ainsi souligné l’élu socialiste de la Loire Jean-Claude Tissot. Son voisin Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) appelle à « faire évoluer les organismes qui gèrent le sanitaire » et à « garder un maillage territorial de vétérinaires ruraux ». Interrogée lors de son audition sur la création d’une nouvelle école vétérinaire publique à Limoges, la ministre de l’Agriculture a, pour l’heure, botté en touche.

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Politique sanitaire européenne

Le lancement annoncé des Assises du sanitaire fait écho à la demande portée par Mme Genevard et son homologue espagnol d’une approche coordonnée au niveau européen pour anticiper les besoins vaccinaux et améliorer la disponibilité des vaccins. Les deux pays suggèrent de constituer des banques d’antigènes ou de vaccins pour garantir réactivité et disponibilité à l’échelle de l’UE. Une démarche réclamée par les professionnels et approuvée le 21 octobre par la plupart des ministres de l’Agriculture de l’UE. Au niveau français, d’autres dossiers réglementaires sont en cours, comme celui de la réforme du suivi sanitaire permanent.

Sur le terrain, les éleveurs français font simultanément face à plusieurs épizooties d’ampleur : fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragie épizootique (MHE) ou encore influenza aviaire. Sans oublier la peste porcine africaine (PPA), encore absente dans l’Hexagone, mais implantée à quelques dizaines de la frontière, en Allemagne et en Italie. Autant de sujets éminemment européens : pour ne citer que ces maladies, la FCO-3 concerne quatorze États membres de l’UE, l’influenza aviaire touche 24 pays européens et la PPA 22. Comme le rappelait Annie Genevard début octobre, en annonçant son intention de proposer une stratégie européenne : « Les maladies vectorielles se jouent des frontières. »

Pour Annie Genevard, « notre système ne fonctionne plus »

« 1 € investi dans la prévention, c’est 7 € d’économisés dans la gestion de crise »