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Élevage : la surveillance, seule solution face à l’apparition de maladies zoonotiques

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L’élevage intensif avec des animaux génétiquement proches élevés dans des unités à haute densité, présente des risques de développement et de transmission de maladies zoonotiques, mais les petits élevages de plein air au contact de la faune sauvage et des humains posent d’autres défis. Partant de ce constat, une étude commandée par le Parlement européen recommande à l’UE d’améliorer son dispositif de surveillance des maladies émergentes.

Le sujet n’est pas nouveau (les épidémies d’ESB ou de grippe aviaire sont passées avant) mais la pandémie actuelle de Covid-19 a renforcé encore les inquiétudes quant aux risques de transmission de nouvelles maladies humaines provenant d’animaux. Une étude, commandée par le Parlement européen et présentée le 16 décembre à sa commission de l’Environnement, pointe les risques posés par le secteur de l’élevage et propose quelques pistes d’amélioration pour l’UE qui reposent principalement sur les moyens financiers et l’organisation du dispositif de surveillance.

Le bétail joue fréquemment le rôle d’hôte intermédiaire pour les agents pathogènes zoonotiques émergents, facilitant leur transmission des animaux sauvages à l’homme, rappelle cette étude menée par la London School of Economics. Mais, admettent les auteurs, « il est très difficile d’évaluer avec précision les espèces, les systèmes de production et les lieux qui présentent les plus grands risques d’émergence de zoonoses ». « Les systèmes de production animale intensive, dans lesquels un grand nombre d’animaux génétiquement similaires sont élevés dans des unités à haute densité, nourris avec des aliments importés constituent un environnement propice à la transmission et à l’évolution rapides des agents pathogènes circulant parmi le bétail », souligne ce travail. En même temps, les environnements moins contrôlés caractéristiques des systèmes de production extensifs présentent moins de risques en la matière mais posent d’autres défis comme les possibilités de contacts plus fréquents avec des animaux sauvages ou des humains.

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Mieux financer les contrôles

Pas de solution miracle donc. Mais cette étude propose quand même des pistes d’amélioration. Et ces dernières concernent surtout la Commission européenne, invitée à renforcer son dispositif de contrôle et à harmoniser les procédures entre santé animale et humaine.

« Une législation et une recherche intégrées couvrant la santé humaine, animale et environnementale pourraient faciliter une approche multidisciplinaire plus coordonnée », estiment les auteurs de l’étude. Or, constatent-ils, pour l’instant « les secteurs de la santé animale et humaine de l’UE ne disposent pas d’arrangements pour le partage des échantillons biologiques ; leurs ensembles de données, leurs systèmes d’alerte précoce et leurs réseaux de laboratoires de référence ne sont pas suffisamment interopérables ; et les différences dans la perception et l’évaluation des risques entravent la collaboration ». Autres recommandations : financer les services vétérinaires dans les États membres disposant de peu de ressources pour garantir une surveillance et un contrôle cohérents sur tout le territoire de l’UE, et revoir les allocations budgétaires afin d’identifier les fonds éventuellement redondants qui pourraient être réaffectés pour combler le manque de ressources.