Si la production avicole devrait progresser – à un rythme moindre néanmoins que ces dernières années –, la production de viande de l’UE devrait globalement connaître des difficultés dans les dix prochaines années malgré la hausse de la demande mondiale, du fait d’une baisse de la consommation européenne et d’une concurrence accrue sur les marchés internationaux. La principale victime devrait être la production bovine.
Dans ses perspectives agricoles pour le secteur de l’élevage à l’horizon 2030, présentées le 7 décembre, la Commission européenne prévoit une stabilité de la production de viande de l’UE (aux alentours de 48 Mt) mais avec des dynamiques différentes selon les espèces en fonction des préférences des consommateurs, du potentiel d’exportation et de la rentabilité : progression pour la volaille, stagnation pour le porc et déclin pour le bœuf.
La production avicole continuera de croître, à un rythme plus lent cependant, soutenue par un marché intérieur favorable et des perspectives d’exportation positives, notent les experts de la Commission de Bruxelles. C’est la seule viande pour laquelle la production et la consommation de l’UE devraient augmenter sensiblement au cours de la période (d’environ 4 % chacune entre 2018 et 2030). Le taux de croissance devrait ralentir à 0,3 % par an, après avoir atteint 2,5 % en moyenne au cours de la dernière décennie. Et les exportations de l’UE continueront d’augmenter, en moyenne de 1,4 % par an jusqu’en 2030, pour atteindre près de 1,9 Mt.
La production de viande porcine, elle, devrait diminuer légèrement (-0,2 % par an) « à mesure qu’augmentent la concurrence à l’exportation et les pressions sociales et environnementales ». Étant donné que la consommation de viande porcine de l’UE diminuera d’ici 2030, des quantités supplémentaires devront être expédiées vers les marchés mondiaux, principalement la Chine. « Et ce, malgré la concurrence féroce des États-Unis et du Brésil », souligne le rapport de la Commission européenne.
Viande bovine : recul général
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La situation de la viande bovine est beaucoup moins encourageante. La production devrait repartir à la baisse après la restructuration du secteur laitier depuis 2015, les exportations étant confrontées à une forte concurrence, pour graduellement reculer jusqu’à 7,7 Mt d’ici 2030 (-500 000 t ou -6 % par rapport à 2018). Cette tendance est liée à la diminution du cheptel de vaches, la faible rentabilité, la baisse de la demande de viande bovine et la forte concurrence à l’exportation malgré l’ouverture de marchés de niche. Les prix devraient baisser avant de se stabiliser vers 2030.
Les exportations de l’UE devraient, elles aussi, chuter malgré l’augmentation de la demande mondiale d’importations. Ainsi, d’ici 2030, les exportations d’animaux vivants devraient diminuer progressivement pour atteindre 200 000 t (-17 % par rapport à 2018) et les exportations de viande bovine devraient chuter rapidement et se stabiliser à environ 227 000 t (-10 % par rapport à 2018).
Environnement : des signes positifs
Conséquence du recul de la production bovine : des résultats positifs devraient être enregistrés en matière d’environnement, se félicite Bruxelles dans ses perspectives agricoles pour 2030. Les émissions de gaz à effet de serre devraient se maintenir à leur niveau de 2012. Une baisse du niveau d’ammoniac atmosphérique dans l’ensemble de l’UE est attendue, avec une diminution des émissions estimée à 9 % d’ici 2030. Une diminution de la quantité d’azote perdue dans l’eau, de 8 % par rapport à 2012, est également prévue. Ces bons chiffres sont liés à une hausse de la productivité (laitière et céréalière) et à des innovations techniques (notamment pour la gestion du fumier) mais surtout à une baisse de la production de viande bovine.