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Élisabeth Borne attendue de pied ferme par les syndicats agricoles

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La FNSEA et la Confédération paysanne ont salué la nomination d’Élisabeth Borne comme Première ministre la 16 mai. Soulignant qu’Emmanuel Macron avait annoncé qu’elle devait gérer la « planification écologique », les syndicats ont fait part de leurs priorités pour le quinquennat qui débute.

Réagissant à la nomination d’Élisabeth Borne comme Première ministre le 16 mai, la FNSEA a salué, dans un communiqué du même jour, un « signe de volonté d’écoute et de dialogue, notamment avec les corps intermédiaires ». Rappelant que la cheffe du gouvernement sera chargée de la planification écologique, le syndicat majoritaire voit dans cette nouvelle attribution un « changement de cap majeur » et espère « sortir des décisions de court terme subies par les agriculteurs au jour le jour ». « Cette planification doit se concilier avec l’objectif de souveraineté alimentaire et s’appuyer sur tous les travaux menés par le monde agricole », estime la FNSEA, qui demande que l’agriculture ait « toute sa place dans les arbitrages de la planification écologique ». Entre les deux tours de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé que son futur Premier ministre serait « directement chargé de la Planification écologique », et serait épaulé de deux ministres, en charge de la « Transition énergétique » et de la « Planification écologique territoriale ».

Ancienne ministre de la Transition écologique

Le syndicat majoritaire fixe deux chantiers prioritaires : la « souveraineté alimentaire française et européenne » et « un accès de tous à une alimentation sûre, saine et durable » (à travers le chèque alimentation promis par M. Macron). Alors que la composition du gouvernement n’était pas encore connue au moment où ces lignes sont écrites, la FNSEA conclut en demandant un « ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire de plein exercice ».

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Même salut « républicain », mais attentes divergentes du côté de la Confédération paysanne : dans un communiqué du 17 mai, la Conf’ appelle Mme Borne à « faire vivre pleinement le pluralisme syndical agricole ». Le syndicat minoritaire indique attendre « des signaux forts pour que l’expression pluraliste du syndicalisme agricole trouve enfin sa place à Matignon et dans les politiques publiques mises en œuvre ». Lors du mandat de Julien Denormandie au ministère de l’Agriculture, la Conf’ et les ONG écologistes déploraient un manque d’écoute, allant jusqu’à quitter en mai 2021 un Conseil supérieur d’orientation (CSO) consacré au plan stratégique national de la future Pac. La Confédération paysanne rappelle que son « projet d’agriculture paysanne est une démarche systémique qui allie déjà économie, social et écologie ». Comme la FNSEA la veille, elle fixe ses deux priorités pour le quinquennat qui débute : « La question du revenu paysan, toujours en souffrance » et la « précarité alimentaire, qui ne pourra être résolue par [le] seul chèque alimentaire » promis par Emmanuel Macron.

Âgée de 61 ans, candidate de la majorité aux législatives dans le Calvados, Élisabeth Borne était ministre du Travail dans le gouvernement de Jean Castex (depuis juillet 2020). Dans les gouvernements Philippe, elle a été chargée des portefeuilles de la Transition écologique et solidaire (depuis juillet 2019) et des Transports (depuis 2017). En 2020, elle avait déclaré que le « modèle agricole » était « arrivé à bout de souffle », estimant qu’il faut « produire autrement ». Son passage Hôtel de Roquelaure a aussi été marqué par une controverse législative sur la taxation de l’huile de palme. Classée plutôt à gauche, Élisabeth Borne a œuvré dans les cabinets de Lionel Jospin (Matignon) et Ségolène Royal (ministère de l’Écologie). Avant la politique, cette diplômée de Polytechnique et des Ponts et chaussées a mené une carrière dans les transports (SNCF, présidente de la RATP) et les travaux publics (Eiffage).

Le modèle agricole est à « bout de souffle », avait-elle déclaré en 2020