Les vins de la vallée du Rhône, dopés par des marchés étrangers en forte progression et portés par les crus célèbres, entrevoient la sortie de crise mais restent fragiles. Par rapport à la fin 2004, le secteur connaît cette année une embellie, même si elle est relative, dont se félicitait récemment Michel Bernard, président de l’interprofession Inter Rhône.
Sur les six premiers mois de 2006, les exportations de vins de la vallée du Rhône ont progressé « de 20 % en valeur, et jusqu’à 36 % aux Etats-Unis par rapport à la même période de 2005, soit la plus forte hausse des vins français, derrière les bordeaux», a indiqué le président d’Inter Rhône, Michel Bernard.
En grande distribution, les ventes des 12 derniers mois ont progressé en volume de 1,2 % alors que l’ensemble des vins français est en recul, selon Jérôme Villaret, directeur du service économique de l’interprofession.
Principaux bénéficiaires de cette reprise, les crus (Châteauneuf-du-Pape, Vacqueyras...) et les hauts de gamme, « mais nous disposons également d’indicateurs positifs sur les entrées de gamme », précise M. Villaret.
7,5 M EUR de budget de promotion
Pour M. Bernard, si les vins de la Vallée du Rhône « regagnent des parts de marché », c’est « d’abord parce que nous avons poursuivi un gros effort de promotion mondiale » : chaque année 7,5 millions d’euros permettent de toucher acheteurs et négociants sur les principaux marchés – Royaume-Uni (24,3 % des exportations), Etats-Unis (17,3 %) et Benelux (12,4 %).
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L’autre explication, selon M. Bernard, est « le retour à l’équilibre à l’étranger où après une période d’engouement pour les vins du Nouveau monde, les consommateurs reviennent vers des valeurs sûres et plus traditionnelles ».
Mais si les côtes-du-Rhône comme le bordeaux se portent plutôt mieux que les autres vins français, la profession doit rester vigilante car l’embellie permettra « seulement de récupérer les pertes de parts de marché. D’ici à la fin 2006, on aura ainsi retrouvé les parts de 2002/2003, juste avant la crise », prévoit M. Villaret.
Sur les 80 000 hectares de vignoble que totalise la Vallée du Rhône, plus de la moitié est consacrée à l’appellation régionale côtes du Rhône, 15 % aux crus des côtes du Rhône (Lirac, Tavel, Beaumes de Venise, Vacqueyras, Gigondas, Châteauneuf-du-Pape, Crozes-Hermitage, Côte-Rôtie...), 10 % aux Côtes du Rhône Village et 22 % aux appellations de la Nouvelle école (Costières de Nîmes, Côtes du Ventoux...) et aux appellations Diois et côtes du Vivarais.