Les autres secteurs de production agricole ont intérêt à regarder de très près ce qui se passe du côté des éleveurs d’ovins. Il constitue, à n’en pas douter, le maillon le plus fragile au regard de la politique agricole commune en passe d’être bouleversée. Un des plus sensibles, en tout cas, au commerce extérieur, les importations dépassant largement la production française. Une partie provient des pays tiers et une autre, importante, provient de Grande Bretagne, dans les deux cas soumises aux aléas monétaires. Il s’agit aussi d’une viande plus onéreuse en général que les autres, sur laquelle, portant, les grandes surfaces n’hésitent pas à faire des offres promotionnelles bradées. Une viande qui, peut-être plus encore que les autres, subit une régulière érosion de sa consommation. Autant de causes d’une grande fragilité de l’équilibre économique de la filière, expliquant, sans la justifier, la grande faiblesse des revenus des éleveurs.
Par son exposition au marché mondial, par sa faiblesse relative face à des poids lourds mondiaux (Australie, Nouvelle Zélande), par sa fragilité, l’économie ovine pourrait préfigurer la situation de bon nombre de productions dans la Pac dérégulée de demain. Heureusement, la Bilan de Santé de la Pac de 2009 est venu apporter un peu de complément de revenu et redonner un optimisme – très relatif – à la filière. Ce sera très loin de suffire à sauver la production ovine française. Il lui reste à s’organiser, c’est-à-dire regrouper l’offre des exploitations agricoles et organiser les relations entre abatteurs et exploitants. En somme, la filière ovine est emblématique de tous les défis agricoles à relever pour s’en sortir, dans un contexte bientôt chamboulé.

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