En déplacement dans les Pyrénées en marge du Tour de France, le président de la République a promis aux éleveurs la création d’une seconde brigade d’intervention contre le loup. Emmanuel Macron aurait même, selon la FNSEA, indiqué sa volonté de « faire évoluer le statut du loup ».
« Une brigade par massif : c’était l’une de nos revendications de longue date », rappelle Claude Font, en charge du dossier loup pour la Fédération nationale ovine (FNO). À l’occasion d’une rencontre avec les éleveurs, le 21 juillet dans les Pyrénées en marge du Tour de France, Emmanuel Macron y a enfin répondu. Principale promesse : la création d’une seconde brigade d’intervention, en complément des seize agents aujourd’hui basés à Gap (Hautes-Alpes).
Ces agents sont chargés non seulement des tirs de défense renforcés et des tirs de prélèvement, mais également de la formation des louvetiers, dans l’ensemble des 50 départements bénéficiant de mesures de protection. Et alors que l’Office français de la biodiversité (OFB) estime la population à 921 loups dans l’ensemble du pays pour 2021, cette brigade pourrait être amenée à abattre près de 174 loups cette année. Or, pour la FNSEA, il serait « inenvisageable » que ces tirs ne soient pas réalisés comme en 2021, « en raison de blocages administratifs injustifiés ».
Christian Fourcade, président de la FDSEA des Hautes-Pyrénnées, souligne que cette rencontre avec le président n’aurait pas eu lieu si les agriculteurs n’avaient pas manifesté tous les samedis de juillet sur un rond-point par lequel le Tour de France devait passer. « À plusieurs reprises, Emmanuel Macron est venu dans le département, mais il n’a pas répondu à nos demandes de rendez-vous », regrette l’élu syndical. À l’issue de cette discussion avec le chef de l’État, M. Fourcade demeure « dubitatif ». Alors que le cabinet du président aurait annoncé des recrutements d’agents dès la semaine du 25 juillet, le monde agricole « ne croira que ce qu’il verra », prévient-il.
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Vers un changement de statut du loup
Selon le communiqué de la FNSEA, le président se serait engagé sur un dossier plus épineux encore, en promettant de « faire évoluer le statut du loup » au niveau européen. À la FNO, Claude Font estime que « le loup est sous cloche depuis la Convention de Berne, malgré l’augmentation de la population et des attaques ». La révision du statut, détaille-t-il, pourrait consister à sortir le loup de l’annexe 2, dédiée aux « espèces de faune strictement protégées », pour l’ajouter à l’annexe 3, celle des « espèces de faune protégées ». Des espèces pour lesquelles les États s’engagent à maintenir la population, sans interdiction de destruction.
En 2015, Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, avait déjà lancé des démarches auprès de la Commission pour réviser le statut du loup, avant de revenir en arrière, notamment sous la pression des associations. « Les éleveurs peuvent tirer 174 loups cette année, je ne vois pas ce qu’ils attendent de plus », dénonce Bertrand Sicard, président de Ferus, estimant que la position du président de la République, si elle était confirmée, serait un « scandale ».