Emploi et zones rurales : l’élaboration de conclusions sur ce thème que les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept doivent adopter lors de leur réunion des 19 et 20 mars est plus délicate que ne le prévoyait la présidence allemande de l’UE. Certains Etats membres insistent pour que soit souligné le rôle que peut et doit encore jouer dans ces régions le premier pilier de la Pac (soutien des revenus et des marchés).
Plusieurs Etats membres ont demandé à la présidence allemande de l’UE d’apporter des modifications à son projet de conclusions du Conseil agricole sur le rapport que la Commission européenne a consacré en décembre dernier au déficit d’emplois dans les zones rurales Voir n° 3085 du 25/12/07. Certains d’entre eux demandent notamment que soient clairement mentionnés le rôle joué dans ces zones par l’agriculture et la politique de soutien des revenus et des marchés ou encore les difficultés propres aux régions ultrapériphériques.
La présidence, qui jugeait son texte équilibré, tout comme d’autres Etats membres, s’efforcera d’en présenter une version révisée le 5 mars aux experts du Comité spécial agricole (CSA). Lors d’un échange de vues au sein du CSA, le 22 janvier, la France, l’Irlande et la Grèce avaient souligné l’impact négatif, selon eux, et non pas neutre, comme le mentionne le rapport, de la dernière réforme de la Pac sur l’emploi dans les zones rurales Voir n° 3089 du 29/01/07.
« Incertitude »
« Compte tenu du grand nombre d’emplois qui, selon les estimations de la Commission, vont disparaître dans les zones rurales dans les sept prochaines années (environ 4 à 6 millions) et du niveau estimé du chômage masqué, qui toucherait 5 millions de personnes dans les exploitations agricoles, la création d’emplois dans les zones rurales revêt une importance de premier ordre », relève en introduction le projet de conclusions du Conseil agricole présenté par la présidence allemande.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Celui-ci insiste sur le fait que « le découplage des paiements constitue une condition préalable fondamentale pour que l’agriculture accomplisse les multiples missions qui lui incombent envers la société », mais que « l’incertitude subsiste toutefois quant aux effets de la réforme de la Pac sur l’emploi et la structure agricole ainsi que sur l’espace naturel ».
Le projet de conclusions souligne donc la nécessité de « renforcer le deuxième pilier de la Pac (développement rural) en tant qu’instrument essentiel d’accompagnement de la réforme de la Pac (…), ce qui permettrait de jeter les bases d’une amélioration globale des conditions de vie dans les zones rurales », et de « renforcer la compétitivité du secteur agricole pour sauvegarder l’emploi qualifié dans les zones rurales, dans un contexte marqué par une libéralisation accrue ».