Près de 14 millions de personnes sont confrontées à risque de faim sévère ou aiguë, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Le conflit armé avec les talibans est venu aggraver une situation déjà fragilisée par deux années de sécheresse.
En raison des effets combinés de la guerre et des conséquences du réchauffement climatique, « une personne sur trois » est en situation d’insécurité alimentaire en Afghanistan, selon la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afghanistan, Mary-Ellen McGroarty. « La situation est désastreuse. Les dernières analyses indiquent que 14 millions de personnes sont déjà confrontées à un risque de faim sévère ou aiguë, c’est une personne sur trois. Et deux millions d’enfants sont confrontés à un risque de malnutrition », s’alarme-t-elle dans un entretien à l’AFP. Au-delà du conflit, la population afghane était déjà aux prises avec une grave crise alimentaire, et 2021 était partie pour être « une année extrêmement difficile » sur ce plan, souligne la responsable de cette organisation de l’ONU.
Récolte de blé réduite de 40 %
Outre les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, « le pays est aux prises avec un second épisode de sécheresse sévère en trois ans », ajoute Mary-Ellen McGroarty. « Il y a eu une réduction de 40 % de la récolte de blé, résultat d’un hiver parmi les plus secs depuis trente ans », indique la responsable du PAM, évoquant également un « impact dévastateur pour le bétail ». Une situation logiquement aggravée par le conflit qui touche le pays, avec des « fermiers incapables de récolter » […] qui ont « fui leur maison », « des vergers détruits », ou encore la destruction d’infrastructures qui compromet l’accès à la nourriture. L’impact combiné du conflit et de la sécheresse a entraîné une inflation des prix des denrées de base : le blé est 24 % plus cher actuellement que sur la moyenne des cinq dernières années.
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À la tête d’une équipe de 480 personnes, dont 440 Afghans, Mme McGroarty entend poursuivre son travail, indiquant que le PAM opère dans les zones contrôlées par les talibans depuis de nombreuses années. « Le PAM, les Nations Unies et le système humanitaire sont déterminés à rester et à fournir la réponse humanitaire tant nécessaire », déclare-t-elle, indiquant que le PAM entendait venir en aide à neuf millions d’Afghans d’ici la fin de l’année. L’organisation a évalué pour cela avoir un besoin urgent de 200 millions de dollars.