L’AAMF a exhorté la filière biogaz, au congrès France Gaz de 2025, à trouver une solution collective pour les agriculteurs en cogénération, fragilisés par le choix de l’Etat de privilégier désormais l’injection.
Au congrès de France Gaz le 25 septembre, Jean-François Delaitre, président de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), a exhorté la filière du biogaz à adopter « une parole plus unie et plus claire », rappelant que l’administration la juge encore « peu audible ». Parallèlement, il a appelé à ce qu’une « solution collective » soit apportée aux agriculteurs engagés dans la cogénération, afin qu’ils s’engagent « sereinement » vers d’autres modèles.
Plébiscitée aux débuts de la filière, la cogénération est aujourd’hui délaissée par l’État, qui encourage la transition vers l’injection. Début septembre, une nouvelle étape de ce basculement a été franchie avec la publication au Journal officiel d’un arrêté supprimant les indemnités dues en cas de résiliation anticipée de contrat sous réserve du démantèlement de l’installation de production d’électricité à partir de biogaz.
« Il y a une volonté collective, tant de la filière que des pouvoirs publics, pour permettre la conversion des sites de cogénération », souligne Olivier Dusart, chargé de mission pour l’AAMF, à Agra Presse. Il reconnaît toutefois que la transition vers l’injection ne sera pas possible pour tous les agriculteurs méthaniseurs actuellement engagés dans la cogénération, d’où la nécessité de les accompagner afin de leur offrir de nouvelles perspectives.
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Une stratégie arrivée à échéance
Parallèlement, l’AAMF n’a pas exprimé d’inquiétude particulière concernant la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse (SNMB), arrivée à échéance. Son actualisation doit intervenir un an après la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), indique le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher. Soit une probable finalisation d’ici la fin 2026.
« C’est un processus de moyen-long terme, qui s’appuie sur une démarche prospective en matière d’arbitrage des ressources. À ce stade, nous n’en sommes pas encore là. Il n’y a pas de situation de concurrence immédiate », précise M. Dusart à Agra Presse. Prévue par la loi de transition énergétique de 2015, la SNMB a pour objectif d’empêcher le développement de la méthanisation à partir de cultures alimentaires ou énergétiques cultivées comme culture principale, dont le développement massif pourrait entrer en concurrence avec les cultures agricoles à vocation alimentaire.
Dans ce cadre, les cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) sont une solution, selon l’AAMF. Selon son président, il faut renforcer à la fois la recherche et les financements pour développer la production des cives. « Nous sommes encore loin du compte », se désole-t-il.