En petite bouteille à vis, ou en canette, plusieurs vins faiblement alcoolisés étaient à l’honneur le 28 juin au congrès de Vignerons coopérateurs de France. « On travaille sur des vins blancs ou rosés à petit degré, obtenus par des vendanges à un juste niveau de maturité », a indiqué le président Joël Boueilh, en marge de l’événement. Une autre possibilité est l’utilisation de nouveaux ou anciens cépages qui, bien mûrs, sont à 11 ou 12° : « Cela permettrait, via des assemblages, de faire baisser le degré d’alcool de nos appellations ». La désalcoolisation, le sans alcool sont également « des pistes à travailler », selon lui. Il y a urgence. Entre 1961 et 2020, la quantité d’alcool vendue par habitant est passée de 26 litres (équivalents alcool pur) à 10,4 litres. Un plongeon lié aux vins, alors que spiritueux et bières se sont maintenus, d’après les chiffres de Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France. « La tendance actuelle est de boire moins ou pas d’alcool, a-t-elle souligné en tribune. Et ça ne va pas s’arrêter. » En 2023, 29 % des Français (+ 2 points en deux ans) consomment des boissons sans alcool ou à teneur réduite en alcool, selon elle. Les jeunes sont en première ligne, avec 44 % des 18-25 ans touchés par le phénomène.
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Des réponses existent. Sur le marché de la bière, le segment du sans alcool explose depuis ans : +18 % en 2022 (après +16 % en 2021, +15 % en 2020). Il pèse 5 % du marché. Les panachés affichent +7,9 % en volume l’an dernier en GMS. Du côté des vins, Robert & Marcel a présenté le 28 juin son format Sans pépin de 20 cl à 10 % et 8,5 % d’alcool, qui vise les jeunes générations. La coopérative Plaimont a aussi été mise en avant pour sa canette Elia, un côte-de-gascogne « frais, léger, digeste, aromatique et naturellement bas en alcool (9°, un procédé entièrement naturel) ».