Pour la deuxième année consécutive, la Corse accueille ses saisonniers marocains dans le cadre d’un protocole sanitaire renforcé dû à la Covid-19. Nouveauté cependant : une quarantaine renforcée à l’arrivée pour la majorité des 1 000 travailleurs attendus.
L’AOP fruits de Corse a accueilli à Bastia, le 1er octobre, le premier vol de saisonniers marocains de la saison en vue de la récolte de clémentines, a confié le président de l’AOP Jean-Paul Mancel à Agra Presse. C’est le premier de « six avions » à atterrir sur l’île de Beauté pour acheminer « plus de 1 000 saisonniers marocains » courant octobre, a-t-il précisé.
La venue de cette main-d’œuvre fait l’objet d’un protocole sanitaire exceptionnel, similaire à celui élaboré l’an passé avec l’Office français de l’immigration, vu le contexte épidémique de Covid-19 toujours en cours. « C’est le même protocole, à la seule différence que s’ils n’ont pas un vaccin reconnu par l’Europe, ils doivent observer une quarantaine de dix jours sur l’exploitation sans travailler – contrairement à l’année dernière où ils devaient observer une quarantaine de sept jours en pouvant travailler », a détaillé le président de l’AOP.
D’après lui, la grande majorité des saisonniers vaccinés ont reçu le vaccin chinois Sinopharm (non reconnu dans l’UE) et devront donc respecter la quarantaine. Interrogé sur la manière de financer ces dix journées non travaillées, M. Mancel a expliqué que c’est à charge des exploitants. « Ça fait partie du contrat saisonnier : ils viennent tant de jours donc ils sont payés tant de jours, qu’ils travaillent ou pas », a-t-il déclaré.
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Plus nombreux que l’an dernier
L’an dernier à la même époque, la Corse avait été le premier territoire français à élaborer un protocole sanitaire exceptionnel pour faire venir des saisonniers étrangers, en pleine pandémie. L’AOP avait fait affréter cinq avions pour acheminer un peu plus de 900 travailleurs en provenance du Maroc. « Les saisonniers à venir seront un peu plus nombreux cette année car il n’y a pas de solution B », explique Jean-Paul Mancel. « Tous les gens qui ont essayé de recruter par leurs propres moyens l’an dernier se sont aperçu qu’il y a de grosses difficultés, donc ils ont rejoint la démarche qui est la nôtre de globaliser les contrats. »
D’après lui, 80 % des saisonniers marocains sont des habitués des vergers corses depuis au moins une dizaine d’années. « Certains ne viennent que pour faire la cueillette, d’autres vont aussi faire la taille, d’autres encore vont rester six mois chez des exploitants qui ont diverses productions. »