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En difficulté, la filière dindes intéressée par les farines animales

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Alors que la dinde subit encore les effets de la crise sanitaire, le Cidef (interprofession) est « intéressé » par les farines animales, récemment ré-autorisées. Subsistent de nombreux freins pratiques, ainsi que celui de l’acceptabilité sociétale.

Récemment ré-autorisées au niveau européen, les farines animales (ou protéines animales transformées, PAT) « seraient un levier intéressant » pour les élevages de dindes, a estimé Patrick Pageard, le président du Cidef (interprofession), le 16 septembre. Mais leur utilisation supposerait de « cumuler des contraintes », a-t-il déploré lors d’une conférence de presse au Space de Rennes. « Le premier problème est l’acceptation sociétale » de l’utilisation en nutrition animale de ces coproduits, associés pour le grand public à la maladie de la vache folle. Deuxième frein, selon M. Pageard, le « cadre fonctionnel » : les volailles ne peuvent consommer que des PAT issues de porcs, et vice versa. « Il faut que les usines et que les transports soient spécialisés, sinon cela suppose du nettoyage », indique le président du Cidef. Mais il faut aussi que « les élevages soient spécialisés, car on n’a pas le droit de livrer des PAT à une ferme si elle a des ruminants ». Enfin, selon Patrick Pageard, « il faudrait que le prix des PAT soit concurrentiel des autres protéines, à savoir le blé, le tournesol, le colza et le soja ».

« Effet Covid très important »

Les éleveurs de dindes subissent particulièrement la flambée actuelle des céréales et oléoprotéagineux, en raison d’une durée d’élevage plus longue et d’un indice de consommation moins favorable qu’en poulets. S’y ajoute la hausse des coûts de construction des bâtiments, ainsi que celle des intrants des industriels (emballages, énergie etc.). Au total, la filière aurait besoin de faire passer à l’aval des hausses de plus de 10 %.

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Par ailleurs, la conjoncture est inquiétante pour la dinde, qui subit « un effet Covid très important », selon le président du Cidef. Le marché est alourdi par d’importants stocks de viande (+65 % en juin 2021 par rapport à juin 2020). Côté élevages, en juillet 2021, « on tend vers les 700 000 dindes mises en place par semaine », alerte M. Pageard, soit -12,5 % du niveau de juillet 2020. Une situation à laquelle la filière prévoit de réagir par une campagne de promotion, pour « faire valoir les qualités nutritionnelles de la dinde auprès des acheteurs », d’après le président du Cidef.

Des hausses de plus de 10 % à faire passer à l’aval