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En France, la volaille « rattrapée par la déconsommation de viande »

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La consommation française de volaille recule légèrement à domicile. Elle continue de progresser hors domicile, où les industriels français sont moins bien placés. La reconquête de ce marché en croissance doit être au cœur du contrat de filière qui sera proposé à Emmanuel Macron, souhaite la CFA.

Alors qu’elle continue de croître dans son ensemble, et plus particulièrement en restauration hors domicile (RHD), la consommation française de volaille est en léger recul à domicile depuis 2013, a-t-on appris lors du congrès de la Confédération française de l’aviculture (FNSEA), le 18 octobre. Selon le panel Kantar, la consommation de volaille à domicile a encore baissé de 1,3 % sur le début de l’année 2017 par rapport à l’année dernière.

« C’est nouveau dans le secteur, et cela nous préoccupe », a commenté le représentant de la FCD Hugues Beyler. « La volaille est rattrapée par la déconsommation de viande. Nous sommes à un point d’inflexion », explique l’économiste de l’Itavi Pascale Magdelaine, qui évoque comme causes possibles le flexitarisme et la montée en puissance de l’offre de produits élaborés plus chers.

La hausse profite en grande partie aux importations

Problème, les industriels français de la volaille sont très bien positionnés en GMS (consommation à domicile) notamment grâce à une importante segmentation de l’offre, mais beaucoup moins bien en restauration hors domicile où les produits sont plus standards et les budgets plus contraints, surtout en restauration collective.

Si bien que « la hausse profite en grande partie aux importations », rappelle Pascale Magdelaine, même si le taux import/consommation de poulet stagne depuis 2-3 ans, après avoir augmenté depuis de nombreuses années ; les industriels ont entamé des efforts de restructuration de leurs outils industriels pour mieux répondre à la RHD, qui commencent à porter leurs fruits.

La reconquête de la RHD au cœur du contrat de filière

Avec les problèmes sanitaires (influenza aviaire, VHD), cette stratégie de reconquête de la RHD était au centre du discours du président de la Confédération française de l’aviculture (CFA) Jean-Michel Schaeffer, lors de son congrès le 18 octobre. Il a présenté ses propositions concernant le contrat de filière demandé par le président de la République lors de son discours de Rungis, en échange du relèvement du seuil de revente à perte (SRP).

Jean-Michel Schaeffer a rappelé que la filière souhaite reconquérir son marché intérieur, et notamment la RHD, en spécialisant ses outils industriels, et en adaptant les élevages liés à ces outils, ainsi que leur génétique. Cette ambition nécessite 1 milliard d’euros d’investissements sur cinq ans dans toute la filière volaille de chair (dont plus de deux tiers pour l’amont), estime la CFA. Les besoins en investissement sont par ailleurs estimés entre 350 et 500 M€ en filière œufs, 85 millions d’euros en lapins, 220 millions d’euros en palmipèdes gras pour la biosécurité.

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Interprofession volaille de chair toujours en gestation

Le chantier est d’autant plus important que le marché grand export connaît un déclin rapide, et que Terrena a annoncé pour sa filière Doux d’importants changements, avec un plan d’investissement de 100 millions d’euros sur quatre ans. Par ailleurs, la CFA propose de rénover sa contractualisation et de créer un fonds de garantie pour mieux accompagner les investissements.

L’interprofession volaille de chair est toujours en cours de construction. Les contrats de filière demandés par Emmanuel Macron doivent être une occasion d’accélérer sa création attendue de longue date, ont conjointement rappelé le président de la CFA et la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. Le président de la CFA s’est notamment fait l’écho de difficultés à faire participer la grande distribution au financement de la future structure ; la CFA souhaite la faire participer grâce à une cotisation liée aux tonnages commercialisés.

Influenza aviaire : Paris négocie avec Bruxelles pour étendre les indemnisations

Le directeur adjoint de la DGPE (ministère de l’Agriculture) est venu, au congrès de la Confédération française de l’aviculture (FNSEA) le 18 octobre, assurer que ses services continuent de négocier avec la Commission européenne pour l’extension des indemnisations des pertes dites indirectes liées à la crise de l’influenza aviaire. La CFA estime à 29 millions d’euros les pertes non couvertes, en particulier chez les gaveurs, par le régime d’indemnisation instauré par le gouvernement dans le cadre des abattages préventifs. « Nous arrivons à la fin des récoltes de maïs dans les Landes », a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA, sous-entendant que de nouvelles manifestations pourraient avoir lieu si le dossier n’avançait pas. « Ce n’est pas une menace, je sais que cela va arriver ».

Filière lapin : sans accompagnement, « nous allons assister à un effondrement »

Le président de la Confédération française de l’aviculture Jean-Michel Shaeffer est revenu plusieurs fois sur la situation critique que connaît actuellement la filière cunicole depuis le début de l’année, confrontée à une forte baisse de consommation (-13 % depuis le début de l’année, à domicile) et des problèmes sanitaires graves causés par la maladie virale hémorragique (VHD). « La filière lapin est dans une situation complexe », a déclaré Jean-Michel Schaeffer. « Si nous ne trouvons pas un moyen d’accompagner les producteurs, nous allons assister à un effondrement ».