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Sécheresse En une semaine, la sécheresse a provoqué l’effervescence dans le monde agricole

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En une semaine, bon nombre d’organisations agricoles ont réagi face à la sécheresse. Près d’un département sur deux (46 départements sur 96) est concerné par des restrictions d’eau depuis le 24 mai. L’urgence de la situation provoque une effervescence de propositions et de mesures. La Fédération nationale bovine rejoint la politique de la FNSEA au travers du contrat paille, mais réclame un « plan de soutien public financier ». La CR écrit à Bruno Le Maire pour la mise en place de « mesures exceptionnelles ». La Mutualité sociale agricole débloque « une enveloppe de 80 millions d’euros afin de faciliter les reports de cotisations » et les chambres d’agriculture y vont également de leurs propositions. En attendant, les éleveurs irriguent leur maïs fourrage malgré les interdictions, préférant payer une amende que de le perdre. Quant aux agriculteurs de Charente-Maritime, ils ont déjà commencé à manifester, le 21 mai, du fait des restrictions d’eau.

Le 23 mai, jour du déplacement de Bruno Le Maire dans l’Eure sur le thème de la sécheresse, la Fédération nationale bovine (FNB) et la Coordination rurale (CR) ont fait part, chacune dans un communiqué, du risque d’une « triple peine » subit par les éleveurs. « La situation empire dans les exploitations d’élevage bovin-viande, avec le constat chaque jour plus alarmant des conséquences catastrophiques de la sécheresse sur les prairies, de premières interrogations sur le potentiel des maïs, et les difficultés à mobiliser la paille nécessaire face à la spéculation, alors qu’avec une baisse de rendement de moitié, pas un seul hectare ne doit manquer pour équilibrer les besoins de fourrage », constate la FNB. qui demande un plan de soutien pour acheter des aliments et fourrages pour le bétail.

Limiter la chute des cours en gardant les animaux
De son côté, la FNSEA met en avant son contrat paille entre éleveurs et céréaliers. Comme dans d’autres départements, la FDSEA des Bouches-du-Rhône annonçait, dans un communiqué de presse du 24 mai, le lancement d’« un recensement de la paille de céréales et de riz disponible et pouvant être cédée aux éleveurs d’autres départements ». Elle avait « d’ores et déjà recensé des agriculteurs cédant librement et gratuitement leurs andains de paille aux éleveurs ». La FRSEA de Bretagne demandait même, dans un communiqué de presse du 25 mai, aux éleveurs ayant des stocks de fourrage suffisants de retarder au maximum leurs ventes d’animaux. Le but : « Eviter d’encombrer le marché » car « faute de nourriture suffisante pour nourrir leurs animaux, un certain nombre d’éleveurs de bovins à viande se voient contraints de vendre leurs animaux par anticipation, provoquant une abondance d’offres sur le marché ».

MSA et chambres d’agriculture se mettent de la partie
Le conseil d’administration de la Caisse centrale de la MSA, « très préoccupé par la situation actuelle », a débloqué « une enveloppe de 80 millions d’euros afin de faciliter les reports de cotisations de ses ressortissants qui se trouvent en grande fragilité. Les possibilités de prise en charge de cotisations seront étudiées à l’automne en fonction de l’évolution de la situation ». Dans un communiqué de presse du 26 mai, les élus et les salariés de la MSA se déclarent « en alerte afin de détecter les situations difficiles » chez les agriculteurs. De plus, « le conseil d’administration appelle les pouvoirs publics à réviser les conditions d’application des aides de minimis qui aujourd’hui ne permettent pas d’attribuer des aides financières à la hauteur de la gravité de la crise », souligne le communiqué. Les chambres d’agriculture se sont mises également de la partie et ont demandé, dans un communiqué du 20 mai, que « plus de solutions soient mises en œuvre ». Elles saluent l’action du ministère de l’Agriculture, « que ce soit pour l’utilisation des jachères et des bandes enherbées ou pour des demandes de versement anticipé d’aides européennes ». Mais elles estiment cela insuffisant. Selon le communiqué, « des dérogations au regard de certains règlements sur les pratiques agricoles » doivent être mises en place. Des propositions devraient bientôt émaner des Chambres. « Il faut tout mettre en œuvre pour moraliser le marché des fourrages et des pailles (contrats, bourses d’échange…) », indique le communiqué. Pour les chambres d’agriculture, « cette crise révèle la nécessité de constituer des réserves d’eau pour répondre aux besoins en période sèche et notamment pour préserver le potentiel de production agricole ».

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