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Encore beaucoup à faire pour lutter contre l’antibiorésistance

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Plus de 110 pays sur 130 évalués, en majorité des pays en développement et des pays émergents, ne disposent pas encore de législation pertinente relative aux conditions appropriées d’importation, de fabrication, de distribution et d’usage des produits vétérinaires, y compris les antimicrobiens, constate l’Organisation internationale de la santé animale (OIE) dans un éditorial publié à l’occasion de la semaine mondiale de sensibilisation aux antibiotiques (du 16 au 22 novembre). Des millions de tonnes de produits antimicrobiens frelatés destinés aux animaux seraient en circulation dans le monde, en particulier dans ces pays. Mais dans les pays développés aussi, des actions sont nécessaires. « L’accès direct aux antibiotiques, notamment par internet, y est très facile et d’usage fréquent", estime l’OIE. "De plus, l’épandage de certains produits antibiotiques sur les arbres fruitiers est toujours autorisé dans certains pays de même que l’incorporation d’antibiotiques dans l’aliment des animaux comme promoteurs de croissance ou à d’autres fins non thérapeutiques ». Par contre, prévient l’organisation, le découplage prescription-délivrance de certains médicaments vétérinaires, dont les antibiotiques, peut poser des problèmes logistiques de réactivité face aux maladies et faciliter les pratiques illégales.

Dans l’UE, la situation de l’antibiorésistance continue de se dégrader pour la plupart des bactéries et des antibiotiques sous surveillance, conclut un rapport publié le 16 novembre par le Centre européen pour le contrôle et la surveillance des maladies (ECDC). Dans au moins trois pays (l’Italie, la Grèce et Malte) la résistance aux antibiotiques de dernier recours est devenue un problème endémique qui signifie que leurs hôpitaux sont incapables de traiter les patients infectés par des bactéries résistantes. « Notre approche “One Health” implique tous les aspects de la résistance aux antimicrobiens : la santé humaine et animale, la sûreté de la chaîne alimentaire, l’environnement, la recherche et l’innovation ainsi que la coopération internationale », a souligné à cette occasion le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.

Cette question sera l’une des priorités des Pays-Bas qui prendront la présidence du Conseil de l’UE pour six mois à partir du 1er janvier 2016 (1).

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(1) Voir n° 3518 du 02/11/2015

L’Agence européenne du médicament présente sa stratégie 2016-2020

L’Agence européenne du médicament a publié le 17 novembre, à la veille de la Journée européenne de sensibilisation aux antibiotiques, son projet de nouvelle stratégie 2016-2020 pour lutter contre l’apparition d’antibiorésistance, qui comprend une série d’objectifs pour les médicaments à usage vétérinaire. Parmi lesquels : encourager l’utilisation responsable des antimicrobiens, assurer le suivi et l’analyse de leurs ventes et de leur utilisation, combler les lacunes thérapeutiques notamment pour les usages mineurs dans les principales espèces et dans les espèces mineures, favoriser le développement d’alternatives aux antimicrobiens. Ce projet est soumis à une période de consultation publique de trois mois. Le plan d’action de la Commission européenne de lutte contre l’apparition d’antibiorésistances arrivera à échéance en 2016.