Dans un rapport paru en février, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) estime que les effets de la trajectoire de baisse du cadmium dans les engrais, que le gouvernement doit présenter, sont « difficiles à mesurer, ne serait-ce qu’en l’absence de données précises sur la teneur réelle en cadmium des engrais importés et livrés en France ». Les auteurs s’attendent toutefois à « des conséquences en termes de sécurité des approvisionnements, de niveaux de prix des engrais, de sous-fertilisation ou de pérennité des outils industriels ». Pas de risque de rupture prévu – le rapport a été publié avant les tensions dans le détroit d’Ormuz –, mais un « risque d’augmentation des prix », davantage lié « à une concentration de l’offre qu’aux éventuels surcoûts engendrés par la décadmiation qui, a priori, semblent limités ». Concernant le risque de sous-fertilisation, ils soulignent que « l’existence d’une limite de flux à l’hectare réduit, dans certains cas, les possibilités d’apport des quantités de phosphore nécessaires, sauf à jongler avec les différentes catégories de MFSC ». À propos des outils de transformation français, un « risque de désindustrialisation n’est pas à écarter », en accentuant « la concurrence d’importations low cadmium », notamment du Maroc. Pour les boues, une augmentation des surfaces d’épandage est à prévoir, voire des volumes envoyés à l’incinération.
Fin mars, le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait indiqué que son projet de trajectoire a « été soumis en février au Conseil d’État, qui doit rendre ses conclusions d’ici avril ». Interrogé par l’AFP, le ministère a précisé que la diminution serait progressive, passant « de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027 (soit le niveau européen, NDLR), 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg (le niveau recommandé par l’Anses, NDLR) après une étude d’impact favorable et avant 2038 ».
MR