Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont dévoilé, le 6 mars, un papier de position concernant le futur plan d’action sur les engrais que la Commission européenne doit présenter dans les prochains mois. Celui-ci contient des propositions à court, moyen et long terme afin « d’apporter un soulagement et rétablir la stabilité du marché ». Le Copa-Cogeca dénonce depuis le début de l’année la tendance baissière des importations d’engrais en Europe. En février, « l’UE n’a importé que 365 413 tonnes d’engrais azotés, soit seulement 33 % de la moyenne des importations de février au cours des trois dernières années ! », précise l’association. Et d’ajouter : « En janvier, les importations étaient encore plus faibles, représentant environ 17 % de la moyenne sur trois ans. »
Lire aussi : Engrais : divergences d’analyse sur l’impact du MACF
Comme attendu, elles plaident pour la suspension immédiate du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais. Une possibilité que le commissaire européen au Climat, le Néerlandais Wopke Hoekstra, a pourtant une nouvelle fois écartée dans un message publié le 4 mars sur le réseau social LinkedIn. Au-delà du MACF, le Copa-Cogeca réclame la suspension des mesures anti-dumping sur les importations d’engrais pour sécuriser l’approvisionnement. De son côté, la Commission européenne a déjà proposé le 24 février, de suspendre pour un an les droits de la nation la plus favorisée sur les importations des engrais azotés à l’exception de celles en provenance de Russie et de Biélorussie. Une mesure qui figure également dans la liste du principal groupe d’intérêt agricole de l’UE.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lire aussi : Engrais azotés : Bruxelles suspend les droits de douane, pas le MACF
Le Copa-Cogeca souhaite, en outre, des modifications ciblées, « sans délai », de la directive Nitrates afin d’obtenir une plus grande flexibilité dans l’utilisation du fumier et d’autoriser l’usage du digestat au-delà des seuils actuels. Les associations préconisent aussi l’harmonisation des règles pour développer à grande échelle les nutriments organiques et recyclés. Elles concluent en indiquant que « ces mesures représentent le minimum nécessaire pour répondre à une crise que les agriculteurs dénoncent depuis des années ».