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Engrais : les Vingt-sept globalement favorables à mobiliser la réserve de crise agricole

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Pour venir en aide aux secteurs les plus touchés par la flambée des prix des intrants et de l’énergie, la majorité des États membres ont accueilli, lors du Conseil Agriculture du 12 décembre, favorablement l’idée proposée par la Commission européenne dans sa stratégie sur les engrais, d’utiliser la réserve agricole pour 2023 d’un montant de 450 M€. Il s’agirait de la deuxième année consécutive où celle-ci serait activée. Quelques délégations, l’Allemagne et le Danemark surtout, s’opposent toutefois à l’utilisation de cette réserve. Selon elles, son activation poserait la question importante de son renflouement qui pourrait une fois encore se faire par une ponction sur les paiements directs, via le mécanisme de discipline financière. Une crainte partagée par l’Autriche et les Pays-Bas. Le ministre de l’Agriculture tchèque Zdenek Nekula, dont le pays assure la présidence du Conseil, a indiqué en conférence de presse que « plusieurs États membres ont aussi fait part également de leurs préoccupations concernant le calendrier choisi pour mobiliser la réserve de crise et les modalités de répartition des fonds ».

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Nombre de ministres ont, de toute façon, estimé que ce fonds n’était pas suffisant au regard des conséquences de la crise des engrais et du gaz dans les secteurs de l’élevage et des fruits et légumes. D’après les dernières estimations de la Commission, l’impact de cette crise est très sérieux pour les légumes d’hiver, notamment pour la production en serre (tomates, concombres, poivrons). Les marchés des produits nécessitant un stockage en chambre froide (comme les pommes de terre et les pommes) montrent également des signes de vulnérabilité, précise-t-elle. Alors que pour les marchés de la viande (bovine, ovine et volaille), les marges sont sous pression en raison des coûts des aliments pour animaux et de l’énergie. Dans ce contexte, plusieurs ministres appellent donc à mobiliser un financement supplémentaire en dehors du budget de la Pac. Sur ce point, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, leur a expliqué qu’« il était important d’être réaliste et qu’il était peu probable que de telles ressources supplémentaires soient disponibles dans l’environnement actuel ».