Depuis le 18 septembre, l’Amap des « radis actifs » située dans la commune de Châtillon (Hauts-de-Seine) met à disposition de ses adhérents un point d’apport volontaire d’urine, « une ressource fertilisante pour l’agriculture ». L’urine collectée est stockée dans une cuve de 300 litres, et ensuite maturée pour permettre son utilisation comme fertilisant. Baptisé « Enville » et porté par le programme « Ocapi » de l’école d’ingénieurs des Ponts et chaussées, le projet vise à transformer l’urine en engrais. Destinée à Simon Ronceray, agriculteur bio installé sur une exploitation de 60 hectares dans le Loiret, elle est collectée grâce à des urinoirs d’appoint ou des bidons d’urine à domicile, puis des stations de transvasement et un camion de collecte. Pour rappel, l’urine humaine est « un fertilisant naturel […] car elle est riche en nutriments comme l’azote, le phosphore ou encore le potassium », soulignent les porteurs du projet. Aussi, elle permet de réduire l’utilisation des engrais chimiques qui « dépendent des ressources fossiles ». En outre, la collecte et la valorisation de l’urine permettent de « diminuer la pression environnementale sur les cours d’eau qui reçoivent les rejets issus des systèmes d’assainissement ».
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M. Ronceray n’épand pas encore l’urine sur ses cultures, par peur « de perdre la certification bio » ; l’urine humaine n’étant pas mentionnée dans le cahier des charges de la bio. Il se contente donc de l’utiliser sur des « potagers personnels » et des « haies agroforestières » en espérant voir la réglementation évoluer. « L’urine d’une personne collectée au cours d’une année permettrait de fertiliser 500 mètres carrés de champ […] c’est une ressource colossale », soutient Fabien Esculier, coordinateur du programme Ocapi.